
Le Tribunal de première instance (TPI) de N’Zérékoré a officiellement ouvert, ce jeudi 9 juillet 2026, sa session d’audiences criminelles. La cérémonie de lancement s’est tenue en présence des autorités administratives, judiciaires, militaires et communales, ainsi que des officiers de police judiciaire, des acteurs de la chaîne pénale et des représentants de la société civile.
Cette session, très attendue après plusieurs années sans audiences criminelles régulières, permettra d’examiner 24 dossiers portant sur les infractions les plus graves enregistrées dans le ressort judiciaire de N’Zérékoré.
Dans son allocution, le procureur de la République par intérim près le TPI de N’Zérékoré, Moussa Camara, a salué la forte mobilisation des autorités avant de rappeler l’importance de ces audiences dans la lutte contre l’impunité.
« Les audiences criminelles constituent un moment important de la vie judiciaire. Elles permettent de juger les infractions les plus graves, celles qui portent atteinte à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté des personnes et à l’ordre public. Elles traduisent la détermination de l’État à lutter contre l’impunité, à garantir les droits des victimes et à assurer à chaque justiciable un procès équitable », a-t-il déclaré.
Le magistrat a précisé que les 24 dossiers inscrits au rôle se répartissent comme suit : 3 dossiers d’assassinat, 2 de meurtre, 9 de viol, 5 de vol à main armée, 1 d’incendie volontaire, 1 de séquestration, 1 d’enlèvement et 1 dossier de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Le procureur a également rendu hommage aux services d’enquête, aux officiers de police judiciaire et aux structures sanitaires pour leur contribution à la manifestation de la vérité. Il a insisté sur le respect des droits fondamentaux et la qualité des procédures judiciaires, indispensables, selon lui, à une justice crédible.
De son côté, le président du Tribunal de première instance de N’Zérékoré, Ismaël Nabé, a rappelé que ces audiences ne constituent « ni un espace de vengeance, ni un règlement de comptes », mais « le sanctuaire de la vérité judiciaire où la loi s’applique avec impartialité et indépendance ».
Il a assuré que chaque affaire sera examinée dans le strict respect des principes fondamentaux de la procédure pénale, notamment la présomption d’innocence, les droits de la défense, le principe du contradictoire ainsi que l’indépendance du juge.
« Notre mission n’est ni de condamner un innocent, ni d’acquitter un coupable, mais de dire le droit, en conscience, au nom du peuple de Guinée et dans le respect de la loi », a-t-il souligné.
Présent à la cérémonie, Adrien Chérif, président préfectoral des organisations de la société civile de N’Zérékoré, s’est réjoui de la reprise des audiences criminelles, suspendues depuis plusieurs années.
Selon lui, la population attend avec impatience que justice soit rendue dans plusieurs dossiers ayant profondément marqué la région.
Il s’est particulièrement inquiété du nombre élevé d’affaires de viol inscrites au rôle.
« Parmi les 24 dossiers, neuf concernent des cas de viol. C’est devenu une véritable préoccupation pour notre société. Nous souhaitons que ces affaires soient traitées avec toute la rigueur nécessaire afin d’envoyer un signal fort contre ce phénomène qui touche même des mineurs », a-t-il déclaré.
Cette session criminelle devrait ainsi marquer une étape importante dans le traitement des affaires les plus sensibles du ressort du Tribunal de première instance de N’Zérékoré, avec pour ambition de renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire et de contribuer à la consolidation de l’État de droit.
