
Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a rencontré ce jeudi 5 novembre 2026 les diplomates accrédités en Guinée. Au cours de cette rencontre, le chef de la diplomatie guinéenne a abordé plusieurs questions d’actualité, notamment la lutte contre l’exploitation clandestine de l’or à Siguiri, la protection de l’environnement et le traitement des ressortissants étrangers interpellés dans le cadre de cette activité. Il a surtout tenu à clarifier la position de Conakry, entre fermeté dans la défense de ses intérêts nationaux et attachement aux valeurs panafricaines.
Face aux représentants diplomatiques, Morissanda Kouyaté a rappelé la conception du panafricanisme défendue par le président de la République, Mamadi Doumbouya. Pour lui, cette vision repose sur une solidarité africaine sans distinction, qui ne doit toutefois pas être confondue avec une quelconque faiblesse face aux atteintes à la souveraineté des États.
A titre d’illustration, il a évoqué la position de la Guinée lors des sanctions imposées au Mali par la CEDEAO, lorsque les frontières avaient été fermées pour asphyxier économiquement le pays. Selon le ministre, le président Mamadi Doumbouya avait alors refusé que la Guinée participe à cette mesure, au nom de la solidarité avec ce pays frère.
Abordant la situation préoccupante à Siguiri, le ministre a dénoncé les conséquences de l’orpaillage clandestin sur l’environnement et les populations. Il a notamment évoqué le déversement de cyanure, la déforestation, la pollution des cours d’eau, ainsi que la mort d’animaux, estimant que ces pratiques compromettent les efforts du gouvernement en matière de protection environnementale.
Morissanda Kouyaté a également établi un parallèle avec le projet Simandou 2040, pour lequel, selon lui, les autorités ont imposé des exigences environnementales strictes après plusieurs mois de négociations avec les partenaires. Il a ainsi estimé qu’il serait contradictoire de laisser des exploitants clandestins détruire les ressources naturelles du pays, alors que d’importants efforts sont consentis pour promouvoir un développement minier responsable.
Le chef de la diplomatie guinéenne est également revenu sur les interpellations de ressortissants étrangers impliqués dans ces activités. Il a cité plusieurs nationalités concernées, notamment des Maliens, Burkinabè, Ivoiriens, Togolais, Ghanéens, Nigérians, Béninois, Vietnamiens, Indiens, Sierra-Léonais et Camerounais. Selon ses explications, plusieurs personnes ont été poursuivies pour exploitation minière illégale, dégradation de l’environnement, exercice d’activités professionnelles sans autorisation et traite des êtres humains.
Le ministre a particulièrement insisté sur le traitement diplomatique réservé à certains ressortissants interpellés. Il a expliqué que, sur instruction du chef de l’État, les autorités guinéennes avaient procédé à leur remise aux représentants consulaires et diplomatiques de leurs pays respectifs, dans le souci de préserver les relations de fraternité et de coopération. Il a notamment évoqué la remise de ressortissants maliens à leurs autorités consulaires en juillet 2026.
Toutefois, face à la reprise de l’orpaillage clandestin quelques mois après ces opérations, Morissanda Kouyaté a prévenu que la solidarité africaine ne saurait justifier la destruction des ressources naturelles guinéennes. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation du panafricanisme de la Guinée et appelé les pays partenaires à sensibiliser leurs ressortissants au respect des lois et règlements en vigueur.
En conclusion, le ministre des Affaires étrangères a invité les diplomates à relayer fidèlement les explications du gouvernement guinéen auprès de leurs capitales respectives. Il les a exhortés à privilégier les faits constatés sur le terrain plutôt que les informations circulant sur les réseaux sociaux.
A travers cette rencontre, les autorités guinéennes entendent réaffirmer une double exigence : préserver les intérêts nationaux et l’environnement, tout en maintenant les relations de fraternité, de dialogue et de coopération avec les pays africains et les partenaires de la Guinée.


