
La Guinée franchit une nouvelle étape dans la transformation locale de ses ressources minières. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé, ce dimanche 1er novembre 2026, à l’inauguration de la première raffinerie d’or du pays, dénommée Nimba Gold Refinery (NGR). Implantée à la Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia, à Conakry, cette infrastructure industrielle ambitionne de renforcer la valorisation de l’or guinéen sur le territoire national.
Présentée comme la première d’une série de raffineries annoncées dans le secteur minier, cette installation marque une nouvelle orientation dans la politique de transformation locale des ressources naturelles. D’autres infrastructures du même type devraient voir le jour dans les prochains mois.

Prenant la parole au nom de la direction et du personnel de Nimba Gold Refinery, Moussa Magassouba a présenté cette inauguration comme une étape importante dans l’histoire industrielle du pays. Il a notamment rappelé que le projet s’inscrit dans le cadre des dispositions des articles 22 et 30, précisés par l’article 78 du Code minier guinéen, qui ont conduit l’État à lancer un appel d’offres ouvert et international pour la réalisation de cette infrastructure.
Selon lui, l’objectif est de mettre fin à une longue période durant laquelle l’or guinéen était principalement exporté à l’état brut, sans que le pays puisse pleinement bénéficier de la valeur ajoutée liée à son raffinage.
« Il n’y a pas de développement économique sans industrialisation », a-t-il déclaré, estimant que la Guinée doit désormais se doter des infrastructures, des technologies et des compétences nécessaires pour transformer ses ressources minières sur place.
Sur le plan industriel, Moussa Magassouba a annoncé que Nimba Gold Refinery dispose d’une capacité annuelle de raffinage de 733 tonnes. Il a également indiqué qu’en fonctionnant à 50 % de sa capacité nominale, l’installation pourrait générer un flux financier annuel de 4,5 milliards de dollars américains.
Au-delà de cette capacité, la direction de la raffinerie affiche plusieurs ambitions : créer des emplois qualifiés et durables, assurer le transfert de compétences techniques aux jeunes Guinéens, renforcer la traçabilité de la filière aurifère et développer des partenariats avec les acteurs du marché international.
Intervenant à son tour, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a souligné que cette inauguration constitue une évolution dans la politique de valorisation des ressources aurifères du pays.
« Depuis toujours, la Guinée a exploité et exporté son or à l’état brut. Si notre pays figure parmi les producteurs importants d’or en Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée générée par le raffinage ne profitait pas à la Guinée. Aujourd’hui, cette époque est révolue », a-t-il affirmé.
Le ministre a également évoqué les enjeux de gouvernance et de traçabilité de la filière. Il a rappelé que l’exploitation artisanale représente environ 70 % de la production aurifère nationale, précisant que les autorités entendent inverser progressivement cette tendance au profit des exploitations semi-industrielles et industrielles.
Autre mesure annoncée dans ce cadre : conformément au Code minier, l’État a décidé d’acheter en francs guinéens jusqu’à 30 % de la production des sociétés aurifères semi-industrielles et industrielles. Selon Bouna Sylla, ce mécanisme doit contribuer à renforcer les réserves en devises de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et à soutenir la stabilité macroéconomique.
Le ministre a par ailleurs inscrit cette initiative dans la dynamique du programme Simandou 2040, qui place la transformation locale et la création de valeur ajoutée au cœur de la stratégie de développement économique du pays. Il a également rappelé que trois projets de raffineries d’alumine sont en cours de construction.
Avec la mise en service de Nimba Gold Refinery, les autorités affichent leur ambition de faire de la Guinée un pôle régional de transformation des ressources minières.

