
Recevant, vendredi 30 octobre 2026, les responsables de la Fédération patronale des professionnels des médias de Guinée (FEPAP-GUI) au siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), son président, Boubacar Yacine Diallo, les a exhortés à préserver leur unité et à surmonter leurs divergences. Pour illustrer la fragilité de leur nouvelle organisation, il a lancé un avertissement sans détour : « Votre fédération est un œuf. Il peut se casser à tout moment si… »
Dans son intervention, le président de la HAC a insisté sur les risques que les rivalités internes et les antagonismes professionnels font peser sur la cohésion de la jeune fédération.
« Votre fédération est un œuf. Il y a du blanc, il y a du jaune. Mais quand vous le prenez comme œuf, il est fragile. Il peut se casser à tout moment. Il peut y avoir des velléités entre vous, des antagonismes entre vous. C’est ce qu’il faut éviter », a-t-il prévenu.
Boubacar Yacine Diallo a ensuite invité les responsables de la FEPAP-GUI à faire preuve de solidarité et à ne pas se laisser entraîner dans des conflits susceptibles de fragiliser leur organisation, qu’ils soient d’origine interne ou extérieure.
« Si vous réussissez à transcender tous les conflits qui peuvent surgir en votre sein et des conflits qui sont transportés du dehors pour vous faire éclater, vous gagnerez », a-t-il insisté.
Pour étayer son propos, le président de la HAC s’est appuyé sur son expérience à la tête de plusieurs organisations professionnelles, notamment l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (AGUIPEL), l’Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée (URTELGUI) et la Maison de la presse.
Subvention aux médias : pour une répartition plus équitable
Au-delà de la cohésion de la fédération, le président de la HAC a abordé les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de presse. Il a plaidé pour une répartition de la subvention publique qui tienne davantage compte des capacités réelles de production et de fonctionnement des différents médias.
« Que ceux qui méritent plus gagnent plus. Que ceux qui méritent moins gagnent moins et ceux qui ne méritent rien, qu’ils aient rien », a-t-il recommandé.
Cette position traduit sa volonté de voir les ressources allouées aux médias distribuées selon des critères de mérite et de performance, plutôt que de manière uniforme.
Convention collective et autorégulation
Boubacar Yacine Diallo a également insisté sur l’urgence de faire avancer le processus de signature de la convention collective des professionnels des médias et de rendre opérationnel l’Observatoire de l’autorégulation des médias. Il souhaite que cette dernière structure soit mise en place avant la fin du mois de novembre.
Pour le président de la HAC, l’autorégulation constitue un levier essentiel pour responsabiliser les professionnels, prévenir les manquements et protéger les journalistes ainsi que leurs entreprises contre les conséquences des dérives professionnelles.
Enfin, il a réaffirmé la disponibilité de la HAC à accompagner les démarches de la nouvelle fédération et à soutenir les recommandations qu’elle formulera auprès des interlocuteurs concernés.

