
À l’occasion de la restitution des travaux sur les cadres organiques et la remise des fiches de poste aux départements ministériels, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a dressé un état des lieux sans complaisance des effectifs de l’État. Plaçant la réorganisation RH au cœur de la vision « Simandou 2040 », le ministre appelle à passer d’une simple gestion administrative à une gestion stratégique des compétences.
Qui fait quoi dans l’administration guinéenne ?
C’est la question centrale posée par le ministre Faya François Bourouno devant un parterre de hauts cadres, de secrétaires généraux et de chefs de cabinet. Soulignant que la plupart des départements ministériels comptent au minimum 600 agents à leur charge, le ministre a mis en lumière la répartition réelle des effectifs au sein des services de l’État.
70 à 75 % des effectifs concentrés dans trois ministères clés
Au cours de son intervention, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique a détaillé la structure des effectifs de l’État, révélant une très forte concentration des agents publics au sein de trois départements prioritaires :
Le ministère de l’Éducation : Premier employeur de l’État avec environ 49 000 agents payés par le Trésor public.
Le ministère de la Sécurité : Deuxième gros utilisateur avec près de 20 000 agents.
Le ministère de la Santé : Troisième pilier des effectifs publics.
« Ces trois départements réunis représentent à eux seuls environ 70 à 75 % de l’effectif global de notre fonction publique », a précisé Faya François Bourouno.
À l’inverse, pour les autres ministères où se répartit le reste des effectifs, le ministre s’interroge sur l’adéquation entre le nombre d’agents et les besoins réels exprimés par les cadres organiques. Il a notamment cité l’exemple du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, qui emploie aujourd’hui environ 1 300 agents, un chiffre que les nouveaux outils d’évaluation devront passer au crible.
La refondation administrative, moteur du projet « Simandou 2040 »
Pour le gouvernement, cette maîtrise des effectifs et des compétences n’est pas un exercice formel, mais une condition essentielle à la réussite de la vision présidentielle du général Mamadi Doumbouya :
« Le fer de Simandou qui dormait dans ses montagnes, ce qui le transforme en emploi, en école, en route, en dignité, ce sont des femmes et des hommes formés, organisés, motivés et placés là où leurs compétences servent le mieux », a rappelé le ministre.
Selon lui, la modernisation de la machine administrative est le préalable indispensable à la réussite des grands projets structurants du pays.
Fiches de poste et évaluation de la performance dès l’année prochaine
Pour répondre à ces défis, le ministère se targue d’avoir mené deux chantiers majeurs :
La mise en cohérence des textes et cadres organiques par la Direction nationale de la Modernisation, et l’élaboration d’un référentiel des métiers et des compétences par la Direction générale de la Fonction publique.
De la croisée de ces travaux sont nées les fiches de poste individuelles, officiellement transmises aux départements.
Faya François Bourouno a annoncé un tournant décisif dès la rentrée prochaine : l’évaluation de la performance des agents. Chaque ministre assignera un contrat de performance à son cabinet, qui sera décliné en cascade aux directeurs puis aux chefs de division.
Cette démarche s’accompagnera du passage du budget de moyens vers le budget-programme, de la mutation des divisions RH en Directions de gestion des ressources humaines (DGRH), et du renforcement des institutions de formation comme l’École nationale d’administration (ENA).
En concluant son discours, le ministre a rappelé aux cadres que le plus difficile commençait maintenant : l’appropriation du terrain.
« Une fiche de poste n’est pas un papier que l’on range dans un tiroir, c’est un engagement », a-t-il conclu, invitant l’ensemble des responsables à transformer la culture managériale du service public.

