
el NabéLors de la présentation du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026, samedi 24 octobre au Palais du Peuple, le ministre de la Coopération, du Plan et du Développement, Ismaël Nabé, a mis en avant les perspectives économiques de la Guinée, les engagements financiers de ses partenaires et les priorités du programme Simandou 2040.
La Guinée table sur une croissance économique de 8,6 % en 2026, malgré un taux d’inflation projeté à 5,2 %, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques. Devant les députés et les responsables institutionnels, Ismaël Nabé a insisté sur la nécessité de traduire ces performances attendues en emplois, en revenus, en infrastructures et en services sociaux de qualité.
Le ministre a également souligné les avancées enregistrées dans la production des données statistiques, avec les résultats du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation, la sixième Enquête démographique et de santé et le lancement de la deuxième Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages. Le premier Recensement général des entreprises doit, par ailleurs, permettre de mieux orienter les investissements et de renforcer l’accompagnement des petites et moyennes entreprises.
Sur le plan financier, les ressources attendues de la coopération internationale pour la période 2025-2026 sont estimées à 284,8 millions de dollars. Parmi les engagements annoncés figurent 170 millions de dollars de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique pour le projet de l’Université de Kankan, 50 millions de dollars du Fonds saoudien pour le développement sur la période 2026-2028 et 8 millions de dollars destinés à la réalisation de 400 forages d’eau potable.
La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO prévoit également 310 millions de dollars pour six projets prioritaires, tandis que le Groupe de la Banque islamique de développement envisage un financement de 200 millions de dollars, sous réserve des étapes préparatoires nécessaires.
La coopération britannique constitue également une perspective importante. À l’issue du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Londres a annoncé le relèvement de son ambition d’investissement de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling, soit environ 3 milliards de dollars. Le ministre a aussi évoqué les perspectives de financement de la cité administrative par UK Export Finance.
Sur le plan institutionnel, Ismaël Nabé a rappelé la confirmation, en mars 2026, de la notation souveraine de la Guinée par S&P, avec une perspective relevée à positive. Il a également annoncé l’acceptation, le 16 septembre, de la candidature guinéenne à l’adhésion au Centre de développement de l’OCDE et le relèvement, le 16 octobre, de la catégorie de risque-pays de 7 à 6. L’objectif affiché est désormais d’atteindre la catégorie 5.
Au cœur de cette stratégie figure Simandou 2040, présenté comme le cadre de transformation économique du pays. Selon le ministre, ce programme comprend 122 mégaprojets représentant plus de 200 milliards de dollars d’investissements, avec l’ambition de renforcer les infrastructures, l’énergie, les compétences, les PME et la transformation locale. La territorialisation des priorités, notamment à travers les schémas régionaux d’aménagement et de développement et le Programme conjoint de développement local (PRODEL), doit rapprocher ces investissements des besoins des populations.
Pour Ismaël Nabé, l’enjeu dépasse désormais la mobilisation des financements. Il s’agit de transformer les annonces en accords opérationnels, les accords en projets bancables et les investissements en résultats concrets. La poursuite des discussions avec le Fonds monétaire international et le renforcement de la planification budgétaire s’inscrivent dans cette démarche.
En défendant le projet de LFR 2026, le ministre a enfin appelé à une gestion rigoureuse des ressources publiques, à la maîtrise des dépenses et à une meilleure efficacité de l’investissement. Le défi, a-t-il rappelé en substance, consiste à faire de chaque franc guinéen et de chaque dollar mobilisé un levier de développement mesurable pour les populations.

