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Commerce international : la Guinée signe la Convention d’Accra pour faciliter les échanges et l’accès des PME au crédit

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Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a signé ce lundi 26 octobre 2026, à Accra, au Ghana, la Convention des Nations Unies sur les documents de cargaison négociables. Une fois ratifié et mis en œuvre, cet instrument juridique devrait contribuer à fluidifier le commerce international, à sécuriser les transactions et à faciliter l’accès des entreprises au financement, notamment les petites et moyennes entreprises (PME).

La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa volonté de moderniser son environnement commercial et de renforcer son intégration économique africaine. À Accra, capitale du Ghana, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a procédé, au nom de la République de Guinée, à la signature de la Convention des Nations Unies sur les documents de cargaison négociables, également appelée « Convention d’Accra ».

Cette signature intervient dans un contexte marqué par la recherche de mécanismes susceptibles de réduire les contraintes logistiques, de sécuriser les échanges commerciaux et d’améliorer la compétitivité des économies africaines.

Dans sa déclaration prononcée à cette occasion, le ministre guinéen a présenté la convention comme un instrument juridique important pour adapter le commerce international aux exigences du transport moderne et de la transformation numérique.

Un cadre juridique qui dépasse le transport maritime

Jusqu’à présent, la négociabilité des titres représentatifs de marchandises était essentiellement associée au connaissement maritime. La Convention d’Accra entend élargir cette possibilité à l’ensemble des principaux modes de transport : maritime, routier, ferroviaire et aérien.

Autre avancée majeure : la reconnaissance de la même valeur juridique aux documents électroniques et aux documents papier, dans le cadre prévu par la convention.

Concrètement, ce dispositif doit permettre de faciliter les opérations commerciales portant sur des marchandises en cours d’acheminement, y compris lorsque celles-ci transitent par plusieurs modes de transport. Il vise également à mieux encadrer le transfert des droits sur les marchandises et à renforcer la sécurité juridique des transactions.

Pour les entreprises, les banques, les assureurs et les opérateurs logistiques, les retombées potentielles sont importantes. La simplification des procédures documentaires et la possibilité de mobiliser les marchandises en transit comme support de financement pourraient notamment ouvrir de nouvelles perspectives aux petites et moyennes entreprises, souvent confrontées à des difficultés d’accès au crédit.

Un accès au crédit facilité pour les PME guinéennes

Une fois la convention ratifiée et ses dispositions effectivement mises en œuvre, le commerce et l’accès au crédit devraient être facilités pour les opérateurs économiques guinéens, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME).

En permettant de mieux encadrer les droits sur les marchandises en cours de transport et de les mobiliser comme support de financement, ce nouvel instrument juridique pourrait offrir aux entreprises des possibilités supplémentaires pour financer leurs activités commerciales. Il s’agit d’une perspective importante pour les PME, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux financements bancaires.

Cette évolution devrait également contribuer à fluidifier les échanges, à simplifier les procédures documentaires et à renforcer la sécurité des transactions entre les différents acteurs de la chaîne commerciale.

Pour les opérateurs guinéens, l’intérêt est de pouvoir disposer de mécanismes plus adaptés pour mener leurs opérations d’importation et d’exportation, tout en améliorant leurs possibilités de financement. Toutefois, les effets concrets sur l’accès au crédit dépendront également de la manière dont les banques et les autres établissements financiers utiliseront les instruments prévus par la convention.

Un levier pour accompagner Simandou 2040

Pour la Guinée, l’intérêt de cette convention dépasse la seule question des formalités commerciales. Le gouvernement entend inscrire cette évolution dans la dynamique de transformation économique portée par le programme Simandou 2040.

Dans son intervention, Aboubacar Kourouma a rappelé que cette ambition repose notamment sur la valorisation des ressources nationales, le développement des infrastructures, l’industrialisation et la création d’opportunités économiques pour les populations.

Or, la réalisation de ces objectifs exige non seulement des investissements dans les infrastructures et les capacités de production, mais aussi un environnement des affaires plus prévisible et compétitif.

Les producteurs, industriels et exportateurs guinéens doivent pouvoir accéder aux marchés dans de meilleures conditions, grâce à des procédures plus efficaces, à une maîtrise des coûts logistiques et à des instruments de financement adaptés à leurs besoins.

La Convention d’Accra pourrait ainsi constituer un outil complémentaire pour accompagner les opérations commerciales et financières liées au transport des marchandises. Son efficacité dépendra toutefois de sa mise en œuvre concrète, de l’adaptation des procédures nationales et de la capacité des acteurs économiques à s’approprier les nouvelles possibilités offertes.

CEDEAO et ZLECAf : la Guinée mise sur l’intégration régionale

La signature de cet instrument s’inscrit également dans la volonté de renforcer les échanges au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans un espace économique où les coûts de transport, les formalités administratives et les contraintes liées au transit peuvent freiner les échanges, l’harmonisation des règles applicables aux documents de cargaison négociables représente un enjeu stratégique.

L’objectif est de favoriser une circulation plus fluide et plus sûre des marchandises entre les pays, de soutenir le développement des chaînes de valeur régionales et de renforcer la présence des entreprises africaines sur les marchés internationaux.

Pour la Guinée, dont les ambitions industrielles et minières nécessitent des circuits logistiques performants, cette évolution pourrait contribuer à améliorer les conditions d’importation des équipements, d’approvisionnement des unités de production et d’exportation des produits nationaux.

La dématérialisation au cœur de la réforme

La transformation numérique constitue un autre axe majeur de la convention.

La reconnaissance juridique des documents électroniques ouvre la voie à une modernisation des pratiques commerciales et documentaires. Elle pourrait contribuer à réduire les délais de traitement, à améliorer la traçabilité des opérations et à alléger certaines formalités liées aux échanges transfrontaliers.

Le ministre a notamment souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les administrations chargées du commerce, des transports et des douanes, ainsi que de l’interconnexion progressive de leurs systèmes d’information.

Cette évolution devra s’accompagner de garanties en matière de sécurité juridique, de confiance numérique et de protection des données, afin que la dématérialisation ne crée pas de nouvelles vulnérabilités pour les opérateurs économiques.

L’enjeu est donc autant technologique qu’institutionnel : disposer de règles adaptées ne suffira pas si les administrations, les établissements financiers et les entreprises ne disposent pas des outils et des procédures nécessaires à leur application.

La Guinée devra encore engager le processus de ratification

La cérémonie d’Accra revêt également une dimension symbolique, puisqu’elle intervient durant l’année marquant le soixantième anniversaire de la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI), dont les travaux ont contribué à l’élaboration de cet instrument.

Selon la déclaration du ministre, la convention a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 décembre 2025.

En signant le texte, la Guinée affirme son adhésion à un cadre juridique destiné à faciliter le commerce international, à renforcer la compétitivité de ses entreprises et à soutenir l’intégration économique africaine.

Mais cette signature ne signifie pas, à elle seule, que toutes les dispositions de la convention sont déjà applicables en droit guinéen. Aboubacar Kourouma a précisé que le pays engagerait, conformément à ses procédures constitutionnelles, les démarches nécessaires en vue de sa ratification.

La portée effective de cet engagement dépendra donc des prochaines étapes institutionnelles, puis des mesures qui seront prises pour traduire les dispositions de la convention dans les pratiques administratives et commerciales.

Au-delà de l’acte diplomatique, le défi pour la Guinée sera de transformer cette adhésion en avantages concrets pour ses entreprises : un commerce moins contraignant, des opérations mieux sécurisées, un accès potentiellement facilité au financement et une meilleure insertion dans les chaînes de valeur africaines et mondiales.

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