
Le gouvernement veut renforcer ses échanges avec les acteurs du secteur privé pour mieux répondre aux défis économiques du pays. C’est dans cette perspective que le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a organisé la première édition du Dialogue économique trimestriel (DET), un cadre de concertation consacré à l’évolution de la conjoncture nationale, aux réformes engagées et aux préoccupations des opérateurs économiques.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par les ambitions de transformation de l’économie guinéenne, notamment à travers le programme Simandou 2040. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste à mieux cerner les évolutions économiques, à identifier les risques susceptibles d’affecter les activités et à associer davantage le secteur privé aux réflexions sur les politiques publiques.
Au cours des travaux, le Directeur national des Prévisions économiques et de la Conjoncture, Abdoulaye Ibrahima Diallo, a insisté sur la nécessité de disposer d’analyses économiques fiables pour éclairer les décisions publiques. Il a notamment mis l’accent sur le suivi de l’environnement économique international et l’anticipation de ses éventuelles répercussions sur l’économie guinéenne.
Du côté des opérateurs économiques, les attentes portent essentiellement sur l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la collaboration avec l’État.
Prenant la parole au nom du secteur privé, Alexandre Camara a salué l’instauration de ce cadre d’échanges. Il a particulièrement évoqué les perspectives ouvertes par le programme Simandou 2040, tout en plaidant pour un partenariat public-privé capable de stimuler les investissements et de favoriser la diversification de l’économie nationale.
Contenu local, fiscalité et digitalisation au cœur des préoccupations
Au-delà des échanges sur la conjoncture, les représentants des organisations professionnelles ont soulevé plusieurs questions liées aux difficultés rencontrées par les entreprises.
Parmi les préoccupations exprimées figurent la promotion du contenu local, l’allègement des démarches administratives et l’accélération de leur dématérialisation. Les participants ont également attiré l’attention sur le rôle du secteur des assurances dans la protection des investissements.
La situation des entreprises de médias a aussi été abordée. Confrontées aux transformations du marché publicitaire et à la concurrence croissante des plateformes numériques, celles-ci souhaitent une adaptation de l’environnement économique à ces nouvelles réalités.
Face à ces préoccupations, les responsables des administrations financières ont présenté plusieurs chantiers de modernisation. Il s’agit notamment de la digitalisation des procédures fiscales et douanières, de l’extension des moyens de paiement électronique et de l’amélioration des instruments de gestion des finances publiques.
Les discussions ont également porté sur la mise en œuvre du budget-programme, une réforme destinée à faire évoluer la gestion budgétaire vers une logique davantage axée sur les objectifs et les résultats.
Un dialogue appelé à se poursuivre
À la clôture de cette première édition, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les réformes économiques et financières. Elle a notamment mis en exergue l’amélioration de la gouvernance, le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et la création de conditions plus favorables aux investissements.
Avec l’instauration du Dialogue économique trimestriel, les autorités entendent désormais inscrire les échanges avec les acteurs économiques dans la durée.

