
En visite de travail à Kankan, ce mercredi 14 octobre 2026, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenab Touré, a dénoncé les injures, les attaques personnelles et les accusations non vérifiées sur les réseaux sociaux. Elle a appelé les communicants à promouvoir un débat responsable, respectueux des valeurs culturelles mandingues et des lois guinéennes.
C’est à la Maison des jeunes de Kankan, devant des autorités administratives, locales et judiciaires, des responsables des services de sécurité et plusieurs citoyens, que la ministre a abordé cette question devenue récurrente dans l’espace numérique guinéen.
Au cours de son intervention, Djenab Touré a insisté sur les dérives liées à l’utilisation des réseaux sociaux, notamment les injures publiques, les attaques personnelles et la diffusion d’informations non vérifiées. Des comportements qu’elle juge incompatibles avec les valeurs culturelles mandingues et les principes de responsabilité qui doivent guider les acteurs de la communication.
« Aujourd’hui, tout le monde est sur les réseaux sociaux. Les gens s’insultent de père et de mère. Cela ne relève pas de notre culture », a-t-elle déploré.
Les communicants appelés à plus de responsabilité
La ministre a également interpellé les responsables politiques et administratifs qui s’entourent de communicants chargés de défendre leur bilan et de relayer leurs activités. Selon elle, ces derniers ont certes pour mission de valoriser les réalisations de leurs mandants, mais aussi de relever les insuffisances, sans tomber dans les injures ni les attaques personnelles.
« J’aime les communicants parce que leur rôle, c’est de dire le bon travail du groupement et de montrer aussi ce qui n’est pas bon, mais dans le respect, sans injures », a-t-elle expliqué.
Pour Djenab Touré, les responsables doivent assumer leur part de responsabilité et recadrer leurs collaborateurs lorsque ceux-ci franchissent les limites du débat public.
« Si tu es ministre et que tu prends une personne comme communicant, si elle insulte une personne, tu dois la prendre et la mettre en garde ou en prison. Toi, le ministre, tu dois être la première personne à lui interdire cela », a-t-elle insisté.
Elle dénonce les accusations sans preuves
La ministre a par ailleurs dénoncé les publications accusant publiquement des individus de détournement de fonds ou de mauvaise gestion, sans vérification préalable des faits.
Recevoir une information ou une accusation ne saurait, selon elle, justifier sa diffusion immédiate sur les réseaux sociaux. Elle a ainsi invité les communicants à mener les vérifications nécessaires avant toute publication, afin d’éviter les accusations infondées et les atteintes à la réputation des personnes mises en cause.
« On t’appelle la nuit pour te dire que telle personne a mangé l’argent ou a pris l’argent. Tu te lèves pour aller sur les réseaux sociaux dire des choses sans faire l’enquête. Ce n’est pas normal », a-t-elle dénoncé.
Djenab Touré a également rappelé que certaines pratiques, notamment les injures publiques et la diffusion de photographies de personnes sans leur autorisation, peuvent, selon les circonstances et les dispositions légales applicables, exposer leurs auteurs à des poursuites judiciaires.
Un appel aux parents pour l’éducation des enfants
Au-delà des communicants, la ministre a exhorté les parents à mieux encadrer leurs enfants et à leur transmettre les valeurs de respect, de responsabilité et de bonne conduite, aussi bien dans la vie quotidienne que sur Internet.
« Je demande aux parents de conseiller leurs enfants sur le bon chemin et le bon comportement. Si tu connais tes origines, tu ne vas pas tromper », a-t-elle déclaré, avant d’inviter l’assistance à promouvoir les bonnes pratiques et le respect mutuel.
À travers cette intervention à Kankan, Djenab Touré a rappelé que la liberté d’expression doit s’accompagner du respect des autres et des lois en vigueur. Pour les acteurs de la communication, l’enjeu est de défendre leurs convictions, de dénoncer les dysfonctionnements et d’informer les citoyens sans recourir aux injures ni relayer des accusations non vérifiées.
