
En séjour de travail dans la région administrative de Kankan, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a dénoncé la pratique consistant à organiser les audiences criminelles uniquement lors de sessions exceptionnelles, souvent espacées de plusieurs mois. Il appelle les juridictions guinéennes à tenir ces audiences de manière régulière, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.
Le garde des Sceaux estime que le traitement des affaires criminelles ne doit pas être tributaire de grandes sessions organisées ponctuellement. Selon lui, ces audiences doivent se tenir régulièrement, au même titre que les audiences correctionnelles, afin de réduire les délais de traitement des dossiers.
« Il n’est pas acceptable qu’un tribunal examine des affaires criminelles en janvier, puis attende janvier de l’année suivante pour reprendre. Ces audiences peuvent se tenir chaque semaine. Les délais actuels sont beaucoup trop longs », a-t-il déclaré.
Le ministre a également critiqué la médiatisation systématique de l’ouverture des sessions criminelles. Pour lui, la priorité doit être accordée au traitement effectif des dossiers plutôt qu’à la cérémonie d’ouverture de ces audiences.
« On voit à la télévision l’ouverture des sessions criminelles dans de nombreuses juridictions. Mais quel est l’intérêt si le travail ne suit pas ? La presse n’est pas nécessaire pour tenir des audiences. Le Code de procédure pénale stipule clairement qu’il s’agit d’audiences ordinaires. Il est temps de mettre fin à cette pratique et de travailler de manière continue », a-t-il insisté.
Le fonds d’aide juridictionnelle en perspective
Au-delà de ces mises en garde, Ibrahima Sory II Tounkara a évoqué les démarches engagées pour rendre opérationnel le fonds d’aide juridictionnelle. Ce mécanisme devrait contribuer au financement des audiences criminelles et permettre aux juridictions de mieux couvrir les dépenses liées à leur organisation.
Pour le ministre, la tenue régulière de ces audiences constitue un enjeu majeur pour le fonctionnement de la justice. Il s’agit notamment d’éviter que des affaires criminelles restent en attente pendant de longues périodes, au risque de prolonger les délais de jugement.
À travers cette orientation, le garde des Sceaux entend inciter les responsables des juridictions à améliorer l’organisation du travail judiciaire et à assurer un traitement continu des affaires relevant de leur compétence.
