En politique, le pouvoir est souvent synonyme d’accrochage aux privilèges. Pourtant, pour Elhadj Malick N’diaye, actuel premier Vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal et figure de proue de la loyauté politique africaine, l’engagement public répond à une tout autre logique : celle du renoncement et du service absolu.

En séjour de travail à Conakry où il prend part la Semaine de la rentrée parlementaire de la première législature de la Cinquième République, ce mardi, le dirigeant sénégalais s’est exprimé sur les valeurs qui doivent guider l’action politique en Afrique, réaffirmant au passage la philosophie qui l’avait mené, alors qu’il occupait le Perchoir sous la primature d’Ousmane Sonko, à promettre de céder sa charge par devoir d’exemplarité.

​Serviabilité contre opportunisme

​Interpellé sur la notion de renoncement et sur les motivations fondamentales des acteurs politiques, Elhadj Malick N’diaye n’a pas tourné autour du pot. Pour lui, la question se résume à une alternative simple : l’intérêt personnel ou le don de soi.

​« Pourquoi décide-t-on d’entrer en politique ? Est-ce pour ses propres intérêts, pour exister, ou tout simplement pour servir ? Si c’est pour servir, on doit pouvoir prioriser », a-t-il affirmé, rappelant que si chaque individu porte une responsabilité propre, les sociétés africaines regorgent de valeurs ancrées qui doivent servir de boussole.

​La théorie des « 4 P »

​Pour théoriser cet engagement désintéressé, le premier Vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise propose une relecture audacieuse de la fameuse pyramide des besoins de Maslow, réorganisée autour d’un principe hiérarchique strict : la règle des 4 P.

​Le Pays : La priorité absolue devant guider toute décision.

​Le Peuple : L’impact direct et positif sur la vie des populations.

​Le Parti ou le Projet : La cohérence avec la vision politique commune.

​La Personne : L’intérêt individuel, relégué au dernier rang.

​L’individu au « niveau zéro »

​En plaçant la personne tout au bas de l’échelle des priorités, Elhadj Malick N’diaye prône une véritable éthique de l’effacement personnel, face aux exigences de l’État.

​« À chaque étape, quand il faut décider, analyser ou poser un acte, on regarde d’abord l’impact sur le pays, puis sur les populations, ensuite sur le projet. Et en dernier lieu, sur soi-même ou ses proches. Cela signifie qu’en termes de priorité individuelle, on est au niveau zéro », a-t-il indiqué devant son auditoire.

​Une prise de parole qui résonne comme un rappel à l’ordre éthique pour toute la classe politique continentale : le véritable pouvoir ne réside pas dans les titres que l’on conserve, mais dans les sacrifices que l’on est prêt à faire pour le bien commun.