
Un changement de doctrine s’amorce au sein de la représentation nationale guinéenne. À l’occasion de la rentrée parlementaire de la 10ème législature, le président de l’Assemblée nationale a redéfini le cadre des relations entre le pouvoir législatif et l’exécutif. L’institution entend dépasser le contrôle classique de conformité administrative pour instaurer une culture d’évaluation orientée vers la performance et l’impact réel des politiques publiques.
S’exprilant devant le Premier ministre et des membres du gouvernement présents dans l’hémicycle, le Dr Dansa Kourouma a précisé la nature de cette prérogative constitutionnelle : « Le contrôle parlementaire n’est ni une opposition systématique, ni une complaisance coupable […]. Contrôler, c’est aider l’État à mieux faire », a-t-il souligné.
Mesurer l’efficacité des deniers publics
Jusqu’ici focalisé sur la vérification de la légalité des actes et la régularité budgétaire, le contrôle parlementaire s’étend désormais à la mesure des résultats concrets pour la population. Pour les élus, il ne suffira plus de vérifier si un crédit a été régulièrement dépensé, mais d’évaluer ce qu’il a produit sur le terrain en matière de services publics et de développement.
Cette démarche s’appuiera sur des critères d’évaluation précis : la pertinence des actions engagées, leur cohérence globale, leur efficacité financière et leur durabilité. Chaque année, l’Assemblée sélectionnera un échantillon restreint de politiques publiques prioritaires pour les soumettre à des audits approfondis.
Mobilisation des instruments constitutionnels
Pour mettre en œuvre cette rigueur, la représentation nationale entend faire un usage plein et régulier des outils à sa disposition : les questions orales et écrites adressées aux départements ministériels ; les auditions publiques des membres du gouvernement et des responsables d’établissements publics ; les commissions d’enquête parlementaire et les missions d’information sur le terrain ; l’examen de la loi de finances, temps fort de la vérification des choix budgétaires de la nation.
Aux dires du Dr Dansa Kourouma, cette exigence de reddition de comptes s’appuiera également sur des collaborations avec la Cour des comptes, les institutions de recherche et la société civile, afin de doter les parlementaires de données d’analyse indépendantes.
