
Le gouvernement guinéen annonce de nouvelles mesures pour encadrer la garde, la divagation et le cantonnement des animaux domestiques sur l’ensemble du territoire national. A travers un arrêté conjoint signé le 30 septembre 2026 par les ministres de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et de l’Élevage, les autorités entendent notamment prévenir les conflits agro-pastoraux, protéger les cultures et les infrastructures et renforcer la sécurité des personnes et des biens.
La mesure, rendue publique à travers un communiqué conjoint lu à la télévision nationale, ce jeudi 1er octobre, concerne aussi bien les zones rurales que les espaces urbains et périurbains.
Selon le texte, tout propriétaire ou détenteur d’animaux est désormais tenu d’en assurer la garde permanente, de jour comme de nuit. Il devient également responsable des dommages que ses animaux pourraient causer aux cultures, aux biens publics ou privés, aux infrastructures et aux personnes.
Les dispositions concernent notamment les bovins, ovins, caprins, camelins, porcins, équins et asins, ainsi que toute autre espèce domestique reconnue par la réglementation en vigueur.
L’un des principaux points du nouvel arrêté porte sur l’interdiction stricte de la divagation des animaux.
Cette interdiction s’applique notamment en milieu urbain et périurbain, sur les voies publiques et espaces assimilés, mais également à proximité des marchés, écoles, hôpitaux, mosquées, églises et autres lieux publics.
Les animaux ne devront pas non plus circuler librement dans les quartiers d’habitation ou aux abords des infrastructures stratégiques.
Cette disposition vise notamment à limiter les accidents, les dégâts aux cultures et aux infrastructures ainsi que les conflits pouvant opposer éleveurs, agriculteurs et autres usagers de l’espace.
Face aux animaux en situation de divagation, les autorités compétentes pourront procéder à leur capture et à leur placement en fourrière.
Le dispositif prévoit que chaque commune urbaine et chaque préfecture dispose d’au moins une fourrière officielle. Toute opération de capture devra être consignée dans une fiche prévue à cet effet.
Pour récupérer son animal, le propriétaire devra être identifié et s’acquitter des frais de capture, de garde et de restitution conformément au barème fixé par le texte.
Autre mesure importante : le cantonnement des animaux devient obligatoire en toute saison dans les zones urbaines et périurbaines.
Le texte interdit toute forme d’élevage extensif dans les villes. Les animaux devront être maintenus dans des enclos, des bergeries fermées, des aires officiellement autorisées par les communes ou encore dans des zones périurbaines spécialement aménagées.
Ces espaces devront respecter les normes sanitaires, d’hygiène et de protection de l’environnement.
Le nouvel arrêté ne remet toutefois pas en cause les règles spécifiques relatives à la transhumance. Il précise que ses dispositions s’appliquent sans préjudice de la réglementation existante dans ce domaine.
Des dérogations temporaires pourront également être accordées par les autorités administratives locales pour des motifs dûment justifiés.
En cas de conflit lié à la divagation ou au cantonnement des animaux, les autorités prévoient de privilégier dans un premier temps le règlement à l’amiable à travers les structures locales compétentes.
Le contrôle de l’application des nouvelles dispositions sera assuré par les services techniques, les collectivités territoriales ainsi que les forces de défense et de sécurité.
Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par le Code pastoral et les autres textes législatifs et réglementaires en vigueur.
L’arrêté prévoit trois annexes qui en font partie intégrante : le modèle type de fourrière, le barème des frais de capture, de garde et de restitution, ainsi que la fiche type de capture des animaux en divagation.
