
À l’occasion de la Semaine de la fête nationale guinéenne, l’Ambassadeur de France chargé du patrimoine, Jean-Luc Martinez, s’est exprimé au Musée National de Conakry. Dans une allocution marquée par la solennité, le diplomate français a réaffirmé l’engagement de Paris à restituer à la Guinée ses objets patrimoniaux et restes humains historiques, marquant une étape décisive dans les relations culturelles entre les deux nations. Un signal fort adressé aux autorités et au peuple guinéen.
Présent aux côtés des autorités gouvernementales, dont le ministre Moussa Moïse Sylla, des acteurs culturels ainsi que des représentants de la société civile, l’Ambassadeur Jean-Luc Martinez a salué la dynamique actuelle de la Guinée en matière de préservation du patrimoine et de politique de mémoire.
Une demande officielle déposée en juillet 2024
Alors que les démarches de réclamation de ces œuvres remontent à la fin des années 1960, la coopération a pris une tournure concrète ces derniers mois. À la suite du travail scientifique initié en France et du vote de deux lois historiques en 2023 (sur les restes humains) et en 2024 (sur les biens culturels), le cadre juridique français permet désormais de restituer légalement ces trésors aux pays d’origine.
« La Guinée a formalisé sa demande de restitution en juillet 2024. Les dossiers sont actuellement en cours d’instruction, et la Guinée pourrait être, d’ici quelques mois, l’un des premiers pays à bénéficier de l’application de ces deux nouvelles lois », a souligné l’ambassadeur français.
Rendre la mémoire « vivante » pour la jeunesse
Au-delà des aspects juridiques et administratifs, le diplomate français a insisté sur l’émotion et la portée symbolique de cette démarche, saluant la présence remarquable des descendants des héros nationaux lors de la cérémonie. Pour Jean-Luc Martinez, cette démarche ne relève pas de la seule politique, mais constitue un devoir de transmission : « Il s’agit de faire incarner cette mémoire pour qu’elle profite aux générations futures et à la jeunesse guinéenne. »
La France a également salué les initiatives modernes engagées par le Musée National de Conakry, notamment la création d’un musée virtuel et la numérisation des œuvres, tout en réaffirmant son soutien aux manifestations littéraires et culturelles à venir, avec un rendez-vous déjà pris pour avril 2025 à l’occasion du Salon du Livre.
Ce discours marque un tournant prometteur pour la diplomatie culturelle franco-guinéenne, ouvrant la voie au retour prochain sur le sol guinéen d’un patrimoine précieux jusqu’alors conservé dans les collections françaises.

