
À l’occasion de l’ouverture du panel intergénérationnel intitulé « Le retour des ancêtres : mémoire, dignité et transmission », le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a réaffirmé la volonté ferme de Conakry d’aboutir rapidement à la restitution de son patrimoine historique détenu en France.
Réparer une « amputation mémorielle » pour permettre à la Guinée d’être « enfin entière ». C’est en ces termes forts que le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a ouvert les travaux du panel sur la mémoire et la transmission culturelle. Devant un parterre de diplomates, chercheurs et dignitaires, dont l’ambassadeur de France et Jean-Luc Martinez, ambassadeur français en charge de la coopération patrimoniale, le ministre a fait le point sur les démarches officielles engagées par le gouvernement guinéen.
Deux réclamations historiques majeures
La Guinée a formalisé deux demandes de restitution auprès de la France. La première concerne les biens ayant appartenu à l’Almamy Samory Touré, figure emblématique de la résistance et fondateur de l’empire du Wassoulou. La seconde, qualifiée de « plus poignante encore » par le ministre, porte sur le rapatriement des restes humains de l’Almamy Bocar Biro et de ses compagnons, tombés lors de la bataille de Porédaka.
Pour Conakry, ces requêtes dépassent le cadre des formalités administratives : elles constituent une « exigence sacrée de retour à la dignité » pour le peuple guinéen.
Un appel à un calendrier resserré, sans rancœur idéologique
S’adressant directement aux autorités françaises, Moussa Moïse Sylla a demandé l’établissement d’un « calendrier clair, précis et resserré » afin d’éviter que les dossiers ne s’enlisent dans la bureaucratie. Le ministre a toutefois tenu à préciser la posture constructive de son pays : « La Guinée n’inscrit pas ces demandes dans une dynamique de rancœur ni dans des querelles belliqueuses héritées de la période coloniale. La nostalgie de l’affrontement ne nous intéresse pas. »
Saluant la vision stratégique du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qui, dit-il, place la culture au cœur de la refondation nationale, le ministre a également souligné les relations de respect et d’estime entre les chefs d’État guinéen et français. Il a à ce titre salué les initiatives du président Emmanuel Macron en faveur de la restitution du patrimoine africain.
Des projets structurants pour la préservation de la mémoire
En parallèle de ces démarches internationales, la Guinée dit renforcer ses chantiers internes de sauvegarde du patrimoine. Parmi les annonces phares figurent le partenariat avec le CIRD pour la numérisation et l’inventaire des biens culturels du pays, la création future d’un Musée du Livre dédié aux écritures et langues africaines, ainsi que la transformation du mausolée de la Camayenne en un Panthéon national.
Moussa Moïse Sylla a conclu son allocution en appelant solennellement à faire de ce processus un « acte de haute civilisation », permettant aux figures historiques guinéennes de revenir sur leur terre native en « gardiens éternels de la souveraineté ».

