
À la tribune des Nations unies, ce mercredi 23 septembre 2026 à New York, le président Mamadi Doumbouya a défendu les choix politiques et économiques opérés par la Guinée ces dernières années. Élections, infrastructures, Simandou, transformation locale des ressources minières et emploi des jeunes : le chef de l’État a présenté ce qu’il considère comme les principaux acquis du pays, tout en plaidant pour des modèles de gouvernance adaptés aux réalités propres à chaque nation.
Trois ans après son précédent discours devant l’Assemblée générale, Mamadi Doumbouya a d’abord rappelé les critiques qu’il avait formulées à l’époque sur les modèles de gouvernance appliqués en Afrique.
« J’avais dit que le modèle de gouvernance importé sans adaptation sur notre continent peine à apporter les fruits attendus par nos populations, je le maintiens », a-t-il déclaré. Cette fois, le président guinéen dit être revenu devant l’Assemblée non pour « dénoncer », mais pour présenter le chemin parcouru par son pays et les résultats obtenus.
Sur le plan politique, Mamadi Doumbouya s’est notamment félicité de l’organisation du cycle électoral en Guinée. Selon lui, les scrutins présidentiel, législatif et communal ont été entièrement financés par les ressources nationales.
« Sous le fondement de la Constitution, la République de Guinée a organisé l’intégralité de son cycle électoral direct — présidentiel, législatif, communal — et l’installation de toutes les institutions qui en découlent, financé à 100 % par le Trésor ordinaire », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État soutient également qu’aucun « incident significatif » impliquant les acteurs du processus électoral n’a été enregistré lors de ces consultations. Pour Mamadi Doumbouya, cette expérience montre qu’un État peut organiser, avec ses propres ressources, « des élections crédibles, apaisées et transparentes ». Il a également vanté les dispositions de la Constitution relatives, selon lui, à la représentation des communautés et des terroirs, à l’alternance, à la gouvernance participative ainsi qu’à la reconnaissance de la diversité linguistique, religieuse et culturelle de la Guinée.
Plus de 1 000 km de routes revendiqués
Une importante partie de l’intervention a été consacrée au bilan économique et aux infrastructures. Mamadi Doumbouya affirme qu’en moins de trois ans, plus de 1 000 kilomètres de routes ont été bitumés à travers le pays. Il a également cité la construction d’écoles et d’hôpitaux ainsi que l’avancement du projet Simandou.
Dans le secteur minier, le président a évoqué « trois raffineries d’alumine en cours de construction » destinées à favoriser la transformation locale de la bauxite. Il a également annoncé l’achèvement de ce qu’il présente comme « la plus grande raffinerie d’or d’Afrique en capacité de production ». Ces différentes réalisations, a-t-il assuré, ne sont pas évoquées « par vanité », mais pour illustrer les choix de développement opérés par la Guinée.
Simandou 2040 au cœur de la stratégie
Mamadi Doumbouya a particulièrement insisté sur le programme Simandou 2040, présenté comme le cadre de développement socio-économique du pays pour les quinze prochaines années. Selon lui, l’ambition dépasse l’exploitation des ressources minières. « Il ne s’agit pas seulement d’un projet minier, mais d’un véritable levier stratégique pour accélérer le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation et de la santé », a-t-il expliqué.
La jeunesse occupe également une place dans cette stratégie. Le président a estimé qu’elle constitue la « plus grande richesse » de la Guinée et plaidé pour une amélioration de l’éducation, des formations adaptées au marché du travail et davantage d’opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat. Il a notamment cité la Simandou Academy parmi les instruments envisagés.
Un plaidoyer pour des modèles adaptés aux réalités nationales
Au-delà du bilan guinéen, Mamadi Doumbouya a développé devant les dirigeants réunis à New York sa conception de la gouvernance et du développement. « Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère », a-t-il soutenu.
Le chef de l’État a cité l’expérience de certains pays asiatiques et du Proche-Orient qui, selon lui, ont réussi à construire leur développement en adaptant les expériences étrangères à leurs propres réalités.
Il estime que l’Afrique peut suivre une démarche similaire sans pour autant se détourner de la coopération internationale. « Ce n’est pas un rejet du monde, ni de la coopération internationale, bien au contraire. C’est un appel à un partenariat gagnant-gagnant, respectueux de la souveraineté de chaque nation », a-t-il déclaré.
Mamadi Doumbouya a enfin assuré que la Guinée entend rester « un partenaire fiable, ouvert et engagé » de la communauté internationale, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.
« La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple », a-t-il conclu, souhaitant que l’expérience guinéenne puisse contribuer à la réflexion sur les différentes voies de développement du continent africain.

