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Womey/N’Zérékoré : douze ans après, retour sur le drame qui a coûté la vie à huit membres d’une mission Ebola

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Douze ans après les événements, le nom de Womey reste associé à l’un des épisodes les plus tragiques de l’épidémie d’Ebola en Guinée. Le 16 septembre 2014, une mission de sensibilisation dépêchée dans cette localité de la préfecture de N’Zérékoré a été prise à partie par des habitants. Huit personnes ont été tuées, dont trois professionnels des médias.
À l’époque, la Guinée forestière était confrontée à une forte propagation du virus Ebola. La peur, les rumeurs et la méfiance envers les équipes sanitaires compliquaient les opérations de sensibilisation.
C’est dans ce contexte qu’une délégation s’est rendue à Womey pour expliquer aux populations les risques liés à la maladie et les moyens de prévention.
Selon les informations rapportées à l’époque, la mission avait d’abord été accueillie normalement avant que la situation ne dégénère. Des habitants auraient lancé des pierres contre les membres de la délégation. Certains ont réussi à fuir, tandis que d’autres ont été rattrapés. Les corps de huit victimes ont ensuite été retrouvés dans une fosse septique à Womey.
Huit victimes
Les victimes étaient issues des secteurs de la santé, de l’administration, de la religion et des médias. Parmi elles figuraient Facely Camara, reporter stagiaire à Liberté FM, Molou Chérif, technicien à Radio Rurale de N’Zérékoré, et Sidiki Sidibé, technicien stagiaire dans la même radio. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté leur mort comme liée à leur présence sur le terrain pour couvrir une campagne de sensibilisation contre Ebola.
Les cinq autres victimes étaient Moriba Touré, sous-préfet de Womey, Dr Ibrahima Fernandez, directeur préfectoral de la Santé de N’Zérékoré, Dr Mamadou Aliou Barry, directeur général adjoint de l’hôpital régional, Pépé Kpogohomou, chef du centre de santé de Womey, et Moïse Mamy, pasteur évangélique.
Le drame avait provoqué une vive émotion à N’Zérékoré et au-delà. Il avait également illustré les conséquences dramatiques de la peur et de la désinformation autour d’Ebola. Le CPJ avait alors souligné que des rumeurs accusant les agents de santé de propager le virus circulaient dans certaines communautés.
Un procès, puis des condamnations
L’affaire a été ensuite portée devant la justice. En avril 2015, le tribunal de premièreinstance de N’Zérékoré a condamné onze (11) personnes à la réclusion criminelle à perpétuité pour leur implication dans le meurtre collectif des huit membres de la mission. Human Rights Watch a toutefois relevé, dans son rapport de 2016, des préoccupations concernant l’absence d’enquête sur certaines exactions qui auraient été commises par des membres des forces de sécurité dans les suites du drame.
Douze ans après, Womey demeure ainsi un épisode marquant de l’histoire récente de la Guinée forestière : celui d’une mission partie sensibiliser une population confrontée à la peur d’une épidémie et qui s’est transformée en tragédie.
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