
En immersion à Mamou dans le cadre de leurs vacances parlementaires, les députés plurinominaux de Mamou, accompagnés de la députée Fanta Conté, ont effectué une visite de plusieurs chantiers de l’État en souffrance dans la ville. Objectif : constater de visu l’état d’avancement des travaux et recueillir des informations sur les difficultés qui entravent leur réalisation.

La délégation parlementaire s’est notamment rendue à la Direction préfectorale des Impôts, dans la cour de la Maison des jeunes, au Palais de justice, sur le terrain de football, à la gare routière ainsi qu’à la Direction régionale du Plan.
Au terme de cette visite, un constat jugé alarmant se dégage. Plusieurs de ces infrastructures, dont les travaux ont été lancés depuis plusieurs années dans le cadre des projets liés à la célébration de la fête tournante de l’indépendance, restent inachevées.
Pour le député Bademba Baldé, cette situation nécessite une réaction urgente des autorités « Nous avons évalué l’état d’avancement des travaux de quelques chantiers en cours de réalisation dans la ville de Mamou. Mais très sincèrement, le constat est alarmant. Les travaux sont en souffrance. Les autorités locales n’ont aucune information sur la situation de ces chantiers. Les entreprises sont difficilement identifiables. Des fonds ont été décaissés. Cela doit nous interpeller, parce que les infrastructures ne sont pas seulement des chantiers pour nous, ce sont des promesses que les autorités ont faites aux citoyens », a-t-il déclaré.
De son côté, Fanta Conté estime qu’il est indispensable de faire toute la lumière sur la situation de ces projets « Il faudrait qu’on ait une situation claire au sujet de ces chantiers. Pourquoi les travaux n’avancent pas ? On ne peut pas comprendre qu’on puisse investir pour la réalisation des infrastructures et que, dix ans après, il soit difficile d’identifier les entreprises en charge des travaux. C’est inacceptable. Il faudrait que l’État prenne ses responsabilités pour achever les chantiers, pour le bonheur des citoyens », a-t-elle martelé.
Aboubacar Junior Camara assure, pour sa part, que les parlementaires comptent saisir les départements ministériels concernés afin d’obtenir des explications et de favoriser l’achèvement des travaux « Nous qui sommes élus du peuple, nous allons mettre l’État face à ses responsabilités par rapport à ce qui se passe dans nos différentes localités en matière d’infrastructures. À la rentrée parlementaire, nous allons saisir les ministères sectoriels. Tous les entrepreneurs vont être identifiés pour que les chantiers s’achèvent », a-t-il annoncé.
Au niveau des autorités déconcentrées, le constat est également marqué par un déficit d’informations sur les projets et les entreprises chargées de leur exécution.
Mamadi Kandia Keïta, directeur de cabinet au Gouvernorat de Mamou, souhaite une meilleure implication des autorités locales dans le suivi des infrastructures « Nous, autorités au niveau déconcentré, nous souhaiterions que les entreprises bénéficiaires des projets soient aussi présentées aux autorités afin que le suivi soit fait. Lorsqu’on vient implanter des infrastructures et que nous ne sommes pas informés, cela veut dire que ce n’est pas pour nous », a-t-il déploré.
Au-delà des chantiers visités par les parlementaires, plusieurs autres infrastructures restent également en souffrance dans la préfecture de Mamou. Il s’agit notamment du stade de football de Pèlèl, financé par la FIFA, du garage du gouvernement, du siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), du musée de Mamou ainsi que du bloc de pédiatrie de l’hôpital.
Cette visite des députés intervient ainsi dans un contexte où les populations attendent toujours la concrétisation de plusieurs projets d’infrastructures annoncés pour améliorer les conditions de vie et renforcer les services publics dans la ville de Mamou.

