
Plusieurs citoyens guinéens se mobilisent depuis quelques jours au Stade de la Mission, à Kaloum, pour participer à la phase de pré-sélection en vue de la campagne de soins médicaux gratuits qui sera menée à Conakry par le navire-hôpital de la Marine chinoise, « Auspicious Ark ».
Annoncée dans le cadre de la coopération militaire entre la Guinée et la Chine, cette opération est prévue du 3 au 10 octobre 2026 au Port autonome de Conakry. Le navire-hôpital devrait accueillir jusqu’à 600 patients par jour et proposer gratuitement des consultations ainsi que des interventions chirurgicales.
Avant son arrivée dans la capitale guinéenne, une phase de pré-sélection, entièrement organisée par le ministère de la Défense de la Guinée, se déroule au Stade de la Mission, à Kaloum, de 8 heures à 16 heures. Initialement annoncée du 5 au 13 septembre, cette opération aurait cependant rencontré des difficultés dans son démarrage, selon plusieurs citoyens rencontrés sur place.
Depuis plusieurs jours, des personnes venues de différents quartiers de Conakry, mais aussi de plusieurs préfectures de l’intérieur du pays, se rendent sur le site dans l’espoir d’être enregistrées et retenues pour bénéficier de cette campagne médicale.
Sur place, plusieurs participants dénoncent de longues files d’attente, des renvois au lendemain ainsi qu’un manque d’organisation dans le déroulement des opérations.
« Nous venons très tôt le matin, mais à chaque fois, on nous demande de revenir le lendemain. Pourtant, il y a une date limite pour les enregistrements », déplore Boubacar Diallo.
Selon lui, cette situation pénalise particulièrement les personnes venues de l’intérieur du pays. Il cite notamment le cas de citoyens ayant effectué le déplacement depuis Kindia ou Mamou et qui doivent supporter des frais supplémentaires lorsqu’ils sont contraints de revenir plusieurs fois.
« Les personnes qui viennent de loin sont les plus pénalisées. Si quelqu’un vient de Mamou ou de Kindia et qu’on lui dit de revenir le lendemain, ce n’est pas facile », poursuit-il.
À ces difficultés s’ajoutent des accusations de favoritisme formulées par certains participants. Plusieurs personnes présentes sur les lieux affirment avoir constaté que des citoyens arrivés après eux auraient parfois été reçus avant ceux qui attendaient depuis plusieurs heures.
Selon ces témoignages, certaines personnes seraient favorisées en raison de leurs relations ou de leur proximité avec des responsables présents sur le site. Des accusations qui alimentent l’incompréhension et la frustration parmi les participants qui affirment avoir respecté les horaires et attendu leur tour.
« Nous sommes arrivés très tôt, nous avons fait la queue, mais nous voyons des gens qui arrivent après et qui passent avant nous parce qu’ils connaissent quelqu’un », dénonce un autre participant, qui a souhaité garder l’anonymat.
D’autres personnes rencontrées sur place évoquent également des difficultés à comprendre l’ordre de passage et les modalités concrètes de l’enregistrement.
Il y en a qui affirment ne pas disposer d’informations suffisamment claires sur les critères de sélection, ni sur les personnes effectivement retenues pour bénéficier des soins dispensés par le navire-hôpital.
Pour les participants, ces difficultés sont d’autant plus préoccupantes que cette campagne représente une importante opportunité pour des personnes qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour financer certains soins ou interventions médicales.
Plusieurs citoyens demandent ainsi une meilleure organisation de la pré-sélection, davantage de transparence dans l’ordre de passage et une attention particulière aux personnes venues de l’intérieur du pays.
Ils souhaitent également que les modalités d’enregistrement et les critères de sélection soient clairement communiqués afin d’éviter les déplacements répétés et les incompréhensions.
Malgré ces critiques, l’affluence enregistrée au Stade de la Mission témoigne du fort intérêt suscité par cette campagne médicale.
Les citoyens espèrent désormais que les difficultés signalées seront rapidement corrigées afin que cette opération, annoncée comme entièrement gratuite, puisse bénéficier au plus grand nombre, dans des conditions qu’ils souhaitent transparentes et équitables.

