
Trois ans après avoir acquis un appartement dans la cité ADOHA de Coléah, Kadiatou Diallo ne cache plus son amertume. Derrière les façades modernes et l’image séduisante d’un projet présenté comme une réponse au déficit de logements, cette propriétaire affirme vivre un quotidien marqué par les infiltrations d’eau, les pannes d’ascenseur et le manque d’espaces de stationnement.
Du rez-de-chaussée au septième étage de l’immeuble 7, la visite commence par des murs que la résidente montre du doigt. « Deux mois après notre installation, nous avons commencé à constater de l’humidité partout. On ne sait même pas d’où vient l’eau », raconte-t-elle. Pour elle, le constat est sans appel : les travaux de retouche sont devenus une routine. « Même pas chaque année. Tous les trois ou quatre mois, vous êtes obligés de refaire des retouches », déplore-t-elle.
Un ascenseur fréquemment hors service, des habitants contraints de monter à pied
Dans cet immeuble de 7 étages, la panne prolongée de l’ascenseur figure parmi les griefs les plus souvent évoqués par les occupants. « L’ascenseur ne marche pas plus d’un mois quand il fonctionne. Et depuis le mois de janvier, il ne marche plus du tout », affirme Kadiatou Diallo. Pour les habitants des étages supérieurs, cette situation complique considérablement les déplacements quotidiens, notamment pour les personnes âgées ou à mobilité réduite.
Toutefois, lors de notre passage sur les lieux, nous avons constaté la présence d’un technicien à l’œuvre pour tenter de dépanner l’appareil et rétablir le service.
La guerre des parkings
Mais ce qui semble exaspérer davantage la propriétaire, c’est la question du stationnement. Selon elle, le nombre de places disponibles est largement inférieur aux besoins des résidents. Elle décrit des disputes récurrentes entre copropriétaires autour des véhicules et des difficultés majeures pour accueillir des visiteurs. « Les véhicules sont serrés comme des sardines. Les copropriétaires se disputent parce que quelqu’un a garé derrière un autre véhicule », affirme-t-elle. À ses yeux, ce problème aurait dû être anticipé dès la conception du projet.
Kadiatou Diallo se dit « plus que déçue », évoquant la présence d’eau dans le sous-sol de l’immeuble, des interrogations sur certaines installations techniques ainsi que la gestion des déchets au sein de la cité.
Pour cette propriétaire, les préoccupations vont au-delà du simple inconfort. « C’est un danger », estime-t-elle, appelant à des expertises techniques indépendantes pour évaluer l’état des bâtiments et des équipements.
Contactée par Guineenews, la direction technique d’ADOHA Guinée a indiqué que toute communication officielle devait être validée par la hiérarchie du groupe et son service de communication. Elle a promis une réponse formelle dans les prochains jours.
En attendant cette réaction, les occupants des lieux continuent de vivre dans un inconfort total. Pour Kadiatou Diallo, une priorité s’impose : « Au lieu de continuer à construire, il faut d’abord essayer d’améliorer ce qui existe déjà. »

