
À moins d’un mois de la rentrée scolaire, la nouvelle ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (MENA-ETFP), Bintou Kéïta, hausse le ton. En visite à N’Zérékoré ce mercredi 9 septembre 2026, la ministre a fixé ses priorités aux enseignants, cadres et responsables du système éducatif de la région.
Réunis à la bibliothèque préfectorale, les acteurs de l’éducation ont été invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une rentrée effective et réussie le 5 octobre prochain. La rentrée administrative, quant à elle, est prévue le 21 septembre.
Pour Bintou Kéïta, aucune défaillance ne sera tolérée. Elle exige un suivi rigoureux des préparatifs à travers un rétroplanning permettant de mesurer l’état d’avancement des différentes actions.
« Je n’accepterai aucune excuse. Il faut que, le 5 octobre, dans toutes les régions de Guinée, on ouvre les salles de classe dignes de ce nom pour accueillir nos fils et nos filles », a-t-elle martelé.
Des écoles « gardées par les chèvres »
Sur la question des infrastructures scolaires, la ministre n’a pas mâché ses mots. Elle a notamment déploré l’état de certaines écoles dépourvues de clôtures, appelant les responsables locaux à prendre leurs responsabilités.
« Il y a des écoles qui sont gardées par les chèvres, il n’y a pas de clôture. Est-ce que, pour ça, il faut un partenaire technique et financier pour venir mettre la clôture ? », s’est-elle interrogée.
La ministre a également insisté sur la nécessité d’une présence effective des enseignants dans les salles de classe et d’un fonctionnement normal des inspections scolaires.
« Que les enseignants soient bien présents dans les salles de classe, que les inspections fonctionnent », a-t-elle exigé.
Bintou Kéïta a, par ailleurs, appelé à limiter les missions et déplacements susceptibles d’éloigner les enseignants et les responsables de l’éducation de leurs principales missions.
« La priorité, c’est aux enfants, fils et filles de Guinée », a martelé l’ancienne cheffe de la MONUSCO.
Une pédagogie axée sur la compréhension et la créativité
La ministre entend également rompre avec les méthodes pédagogiques reposant essentiellement sur la mémorisation. Elle souhaite davantage mettre l’accent sur la compréhension, la réflexion et la créativité des apprenants.
« L’enseignant doit amener l’élève à comprendre, réfléchir et développer sa créativité, plutôt que de simplement mémoriser les leçons », a-t-elle expliqué.
Elle plaide ainsi pour l’adoption de « méthodes pédagogiques modernes qui suscitent la stimulation des neurones de l’enfant ».
Classes multigrades, un défi à mieux encadrer
Autre priorité évoquée : les classes multigrades. Bintou Kéïta estime que l’enseignement dans ce type de classe exige des compétences pédagogiques particulières et un accompagnement approprié des enseignants.
« Enseigner dans une classe multigrade, c’est une des pédagogies les plus sophistiquées pour un enseignant », a-t-elle souligné.
Alphabétisation, cantines scolaires et vision globale
La ministre veut également accorder une place importante à l’alphabétisation, qu’elle considère comme l’un des fondements du système éducatif, tout en renforçant l’organisation des cantines scolaires.
« Pour moi, l’alphabétisation (…) c’est une base fondamentale pour le démarrage de l’éducation hors de la famille », a-t-elle déclaré.
Bintou Kéïta défend ainsi une approche globale du système éducatif, conçu comme « un continuum », allant de l’alphabétisation jusqu’à l’enseignement supérieur.
Face aux nombreuses difficultés qui affectent le secteur de l’éducation, la ministre appelle les acteurs à privilégier l’action plutôt que l’attentisme.
« Les défis existent. Mais les défis ne sont pas des obstacles insurmontables », a-t-elle conclu.

