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Grande interview Paulo Duarte s’exprime: « l’Afrique du Sud va avoir un adversaire très difficile qui s’appelle la République de Guinée »

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À quelques semaines du début des éliminatoires de la CAN PAMOJA 2027, Guineenews s’est entretenu avec le sélectionneur national de la Guinée, Paulo Duarte. Confiant et très déterminé, le technicien portugais aborde cette campagne éliminatoire avec beaucoup d’assurance, de conviction et d’espoir.

Guineenews : Coach, dans quelques semaines, vous allez jouer contre l’Afrique du Sud, un match très important. Comme on le sait tous, dans notre groupe, il y a une seule équipe qui va se qualifier. Je pense, et tout le monde pense, que l’Afrique du Sud est votre adversaire direct dans ce groupe. Comment préparez-vous cette rencontre ?

Paulo Duarte : Premièrement, c’est avec une ambition, une concentration et une volonté maximales de réussir dans ce projet. Comme vous l’avez bien dit, malheureusement, et sans comprendre pourquoi, ce modèle de tirage au sort a pénalisé trois groupes sur douze. Une formule pareille à celle de la Coupe du Monde, où il y a trois organisateurs et où personne ne reste dehors, personne n’a moins de chances que les autres de se qualifier.

Dans cette qualification de la CAF, il y a neuf équipes qui n’ont pas les mêmes possibilités que les autres de se qualifier. C’était une mauvaise décision de la CAF qui pénalise la Guinée, l’Afrique du Sud, l’Eswatini et toutes les autres équipes de ces groupes.

C’est difficile pour nous comme pour l’Afrique du Sud. Donc, on prépare ce match avec une ambition énorme : celle de faire revenir l’équipe à une compétition qui est la joie du football africain, la CAN. Une CAN que la Guinée a ratée en 2025.

Mais voilà, on va avoir un adversaire difficile qui vient d’une Coupe du Monde, un adversaire qui a changé d’entraîneur également. Pitso Mosimane vient d’être nommé coach de l’Afrique du Sud.

Certaines décisions seront différentes, certains joueurs seront différents. Peut-être que le modèle de jeu sera le même, mais c’est sûr qu’il y aura des modifications. Donc, un adversaire très difficile, premièrement. Et pour le deuxième match aussi, un adversaire qui est un pays organisateur, le Kenya, qui sera également difficile pour nous.

Mais on ne peut pas oublier que la Guinée sera un adversaire très difficile pour l’Afrique du Sud et pour le Kenya.

Guineenews : Et là, actuellement, on est sûrs que vous êtes dans la phase de préparation de votre liste. Vous êtes là depuis quelques mois maintenant, vous avez joué beaucoup de matchs où on vous a vu tester beaucoup de joueurs. Dans la composition actuelle de votre équipe, vous êtes à combien de pour cent du noyau dur ?

Paulo Duarte : Très bien. Durant ces dix ou douze mois que nous sommes à la tête de l’équipe nationale, ma priorité n’était pas les résultats — même si c’est bien que nous en ayons obtenus —, ma priorité était de tester le maximum de joueurs, de découvrir le maximum de potentiel pour équilibrer et valoriser ce groupe.

J’ai ouvert la porte à beaucoup de joueurs qui n’avaient jamais joué pour l’équipe nationale, au risque de ne pas avoir les meilleurs résultats. Mais ce n’est pas l’objectif le plus important pour moi lors des matchs amicaux. Le principal objectif, c’est de chercher, de trouver et d’avancer dans la rénovation de l’effectif de la Guinée.

Maintenant, on peut dire que nous sommes une équipe qui a plus d’options dans différents systèmes. Nous sommes meilleurs aujourd’hui qu’il y a un an. Quand on parle de rénovation, attention, on ne parle pas seulement des onze titulaires. On parle de rénovation sur les 25, 30, 40 joueurs qui sont disponibles sur le long terme pour l’avenir de la Guinée.

On a modifié et amélioré la qualité de certains joueurs, on a rajeuni l’âge moyen de notre effectif. Aujourd’hui, on peut dire que nous sommes une équipe plus confiante. Elle n’est pas parfaite, loin de là, mais elle cherche l’équilibre dynamique qui nous permette de jouer contre tout adversaire avec le maximum de rendement et de qualité possible.

Le moment est arrivé. On va jouer avec le maximum de nos qualités. J’espère que la réponse des joueurs sur ces deux matchs, surtout le premier — car c’est celui qui compte aujourd’hui —, sera positive et de haut niveau, et qu’il n’y aura pas beaucoup de blessures ou d’absences qui pourraient nous fragiliser durant ces deux duels.

Guineenews : À quelques semaines de ce match contre l’Afrique du Sud, est-ce qu’on peut dire aujourd’hui qu’on se dirige vers un noyau dur du Syli national après tous ces essais et tous ces tests ?

Paulo Duarte : Oui, bien sûr. L’équipe que je cherche est une équipe ambitieuse et jeune. Quand je parle de jeunesse, c’est une équipe qui a un avenir pour les sept, huit, neuf ou dix prochaines années.

C’est sûr qu’on n’a pas encore obtenu l’accord de tous les binationaux guinéens de qualité qui n’ont pas encore accepté de jouer pour nous. Si tout le monde acceptait, je suis sûr que la Guinée serait une puissance africaine au niveau de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal ou d’autres équipes, parce qu’on a une énorme qualité.

Mais aujourd’hui, certains n’ont pas encore décidé de défendre les couleurs de la Guinée. Tous les entraîneurs veulent les meilleurs joueurs, c’est sûr. Moi aussi, pour que l’équipe soit plus forte.

Mais on a aussi un effectif qui nous donne la garantie de disputer tous les matchs avec l’objectif de toujours gagner, et c’est le plus important pour moi.

Si vous me demandez si je suis à 100 % satisfait ou content : non. Je le serais si tous les joueurs que j’ai contactés acceptaient de venir. Ce n’est pas la réalité. Mais aujourd’hui, d’autres joueurs ont accepté et on doit compter sur eux.

Le pays doit compter sur ces joueurs qui veulent jouer et mourir pour la patrie. Avec les joueurs que j’ai aujourd’hui, je suis satisfait, même si je veux toujours plus.

Guineenews : En parlant des binationaux, il y a des joueurs qui ont accepté de venir et d’autres qui sont en phase de réflexion. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de nouveau sur ces dossiers-là ?

Paulo Duarte : Tout le monde sait que les joueurs que nous avons sont ceux qui ont accepté. Il n’y a pas d’autre histoire à raconter sur les binationaux qui ont refusé. Je ne veux plus en parler parce que ça ne m’intéresse pas.

Ce qui m’intéresse, c’est de compter sur les joueurs que nous avons aujourd’hui et de les valoriser dans le présent. Je ne peux pas toujours parler des problèmes qui n’ont pas de solution. Aujourd’hui, les joueurs qui n’ont pas décidé de jouer pour le public et le pays ne sont pas des solutions, donc ce n’est pas la peine d’en parler.

Il faut se concentrer sur cette qualification et sur les prochains matchs, à commencer par le premier en Afrique du Sud.

Comme je l’ai dit, l’Afrique du Sud va avoir un adversaire très difficile qui s’appelle la République de Guinée, et nous savons aussi que nous trouverons un adversaire difficile chez lui.

On a l’avantage de jouer le dernier match chez nous, et je pense que le match décisif sera toujours chez nous. Tous les matchs vont être très importants.

Si on considère comme favorites la Guinée et l’Afrique du Sud, sans négliger l’Érythrée, aucune équipe ne peut perdre de points contre les petites équipes, c’est clair.

Ce n’est pas seulement le duel direct entre l’Afrique du Sud et la Guinée. On ne peut pas perdre de points contre les petites équipes. Notre grand avantage est de recevoir l’Afrique du Sud chez nous lors du deuxième match. C’est très important pour moi, tout comme le premier match sera également crucial.

Guineenews : C’était pour avoir une précision : sur votre prochaine liste, qui sera rendue publique dans les prochains jours, il ne faut pas s’attendre à de nouveaux joueurs ? C’est ce que vous voulez dire ?

Paulo Duarte : Non, il y a toujours de nouveaux joueurs. Les nouveaux joueurs ne sont pas seulement ceux qui n’ont pas accepté, ce sont aussi ceux qui ont accepté. On va voir.

La liste sera publiée huit à dix jours avant. Aujourd’hui, la concurrence est énorme. Ces onze premiers mois m’ont permis d’ouvrir la porte à beaucoup de joueurs de bonne qualité qui jouent dans des clubs moyens, plus jeunes, avec moins de visibilité parce qu’ils ne jouent pas dans les cinq meilleurs championnats du monde, comme l’Angleterre, la France, l’Espagne ou l’Italie.

Mais en Suède, en Suisse, au Danemark ou en Grèce, ce n’est pas la même chose. La qualité du joueur est là et l’équipe est plus jeune.

On va attendre la liste. Je ne peux pas m’avancer parce qu’on doit bien réfléchir et analyser durant ces quatre semaines : les joueurs qui n’ont pas beaucoup de compétition, ceux qui n’ont pas de club, ceux qui se blessent au dernier moment… Je suis obligé de tout gérer et d’attendre la dernière minute pour prendre ma décision.

Guineenews : Quand vous êtes arrivé, vous avez discuté avec des cadres de l’équipe qui ne sont pas venus et n’ont pas répondu à vos convocations. Où en êtes-vous avec ces joueurs-là ?

Paulo Duarte : Je ne veux pas toujours parler de la même chose. Je dois me concentrer sur mon travail et sur l’avenir, et l’avenir, ce sont les joueurs qui sont là et qui vont être là.

Je ne veux pas, à chaque conférence de presse ou interview, parler des joueurs qui ne sont pas venus au début de mon arrivée. Sinon, je vais être trop répétitif et passer pour quelqu’un qui pleure toujours sur la même chose.

On va voir et attendre. Ce qui doit venir viendra, et ceux qui ne veulent pas venir ne relèvent pas du choix du coach.

J’ouvre la porte à tout le monde, comme vous le savez, et j’ai donné et donnerai le maximum de moi-même pour que la Guinée soit un pays fort dans l’avenir, sans perdre l’objectif du présent.

Cette année est la plus difficile des dix prochaines années pour la Guinée. La rénovation est là, la qualité est là, il y a une nouvelle mentalité qu’il faut garder et améliorer, mais surtout, il faut gagner.

Guineenews : Pour parler du match contre l’Afrique du Sud, la majeure partie de vos joueurs viendra d’Europe. Comment organisez-vous tout cela ?

Paulo Duarte : Faire venir les joueurs le plus vite possible. Il y a une date limite : certains jouent le 19, d’autres le 20. On ne peut pas les faire venir le 20 s’ils jouent le 20, ils doivent venir le 21. S’ils jouent le 19, ils viennent le 20.

C’est un long vol de onze ou douze heures depuis l’Europe, notamment depuis la France. Les joueurs qui font escale depuis les États-Unis ou le Golfe, ou d’autres pays sans liaison directe vers l’Afrique, sont obligés de passer par Paris ou Addis-Abeba, donc c’est un voyage fatigant.

Le plus facile pour nous, c’est de jouer à la maison. Le plus grave, c’est que l’Afrique du Sud a choisi un stade qui n’est pas à Johannesburg — peut-être une stratégie physique — et on va jouer à deux heures de trajet de Johannesburg.

Une fois arrivés là-bas, on doit encore faire deux heures de route. Mais c’est le calendrier du premier match. On doit gérer cela au mieux et exiger des joueurs qu’ils prennent le vol le plus rapide après leur dernier match.

On va le faire comme d’habitude, et nous avons un manager extraordinaire pour gérer toute cette partie.

Guineenews : La période est courte entre les deux matchs et il faut aussi gérer le trajet retour de l’Afrique du Sud vers Conakry. C’est maintenant qu’il faut planifier tout cela ?

Paulo Duarte : Oui, tout est planifié. On va repartir le plus vite possible après le match.

Parfois, je suis obligé de mettre toutes les possibilités sur la table. La CAF donne également une date pour un match amical le 5 ou le 6 octobre après ces deux matchs.

Je me questionne : il va y avoir une fenêtre de quatorze ou quinze jours pour cette journée FIFA, mais pourquoi la CAF veut-elle massacrer physiquement les joueurs en leur faisant jouer un match le 25, puis un autre le 30 ou le 1er, en imposant aux équipes des voyages de dix, quinze ou vingt heures ?

On n’a pratiquement pas le temps de s’entraîner. Le joueur qui voyage le 21 arrive à 2 h, 4 h ou 5 h du matin le 22. Physiquement, il n’est pas adapté pour faire un bon entraînement le 22, qui se limite à un décrassage.

Les joueurs vont être prêts le 23 pour jouer le 25 ou le 26. Pourquoi la CAF n’a-t-elle pas programmé le premier match le 28 et le deuxième le 3 ou 4 octobre ? La date FIFA le permet pourtant sur un intervalle de quatorze à quinze jours.

Au lieu de cela, ils mettent des matchs officiels le 25 et le 30 ou le 1er, puis ajoutent une date amicale pour le 5 ou le 6 octobre. Ce sont des décisions de la CAF que je ne comprends pas.

Ce sont des joueurs de ligues professionnelles exigeantes qui font de longs voyages.

Pourquoi ne pas profiter de ces quatorze jours pour faire deux matchs officiels avec un espace suffisant permettant aux joueurs de récupérer physiquement du premier match, de voyager tranquillement pour disputer le deuxième match à domicile, et oublier le match amical ?

Nous sommes obligés de nous adapter. Si on jouait au Maroc, ce serait plus facile, mais nous sommes tombés sur l’adversaire le plus lointain possible : l’Afrique du Sud, à l’autre bout du continent par rapport à la Guinée.

On va gérer ce voyage, repartir le plus vite possible après le match pour arriver à Conakry au plus vite et avoir une journée de récupération et de décrassage, sans entraînement exigeant, pour faire de la récupération et travailler sur les aspects tactiques.

Guineenews : Le Syli national retourne à Conakry devant son public. Aujourd’hui, j’imagine que vous êtes très heureux par rapport à cette situation ?

Paulo Duarte : Très heureux. Franchement, très heureux, comme vous l’avez dit. Parce que c’est très important de jouer à domicile.

Le facteur maison, c’est énorme et important. Ça met la pression sur l’adversaire, sur l’arbitre. C’est différent de jouer sur le terrain d’un pays neutre comme le Maroc, où on n’a pas assez de supporters.

Jouer avec un stade plein, ce n’est pas la même chose que de jouer avec un stade vide. Je suis très content pour le public et pour le pays.

On demande au public de nous soutenir jusqu’au dernier match de la qualification. C’est très important.

La grande nouvelle, c’est de recevoir le grand candidat à domicile lors du deuxième match. Ça aussi, c’est très important parce que le public va beaucoup nous aider à vaincre.

Guineenews : Depuis l’homologation du stade et depuis votre arrivée à Conakry, est-ce que vous l’avez déjà visité ?

Paulo Duarte : Oui, je l’ai déjà visité. Pas après l’homologation, mais un mois avant. Il était déjà dans un état très avancé.

Guineenews : On vous a déjà peut-être informé que le terrain d’entraînement est en dehors de Conakry, à l’académie de KPC. Est-ce que vous pensez que vous entraîner loin de Conakry, loin de votre base, peut vous causer un problème ?

Paulo Duarte : On va voir. Je n’ai pas encore 100 % des informations, mais on va voir comment gérer tout ça, trouver la meilleure formule pour éviter que les joueurs se fatiguent sur des distances énormes, de gauche à droite. Donc, on va voir quelle sera la meilleure formule.

Interview réalisée par Tanou Diallo

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