Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens
CIAO

Le Maad, de la friandise acidulée au trésor thérapeutique

2AGBA

​Bien connu pour sa pulpe juteuse et acidulée qui réjouit les papilles à chaque saison, le Maad (Saba senegalensis) cache sous sa coque un potentiel médical exceptionnel. Si son fruit fait le bonheur des marchés et des amateurs de douceurs pimentées, ses feuilles et son écorce constituent depuis des siècles des piliers de la médecine traditionnelle en Afrique de l’Ouest.

​Présent à l’état sauvage dans les forêts et savanes d’Afrique de l’Ouest (notamment en Guinée, au Sénégal et au Mali), la liane sauvage donne ses fruits de mai à novembre. Très prisé par la gente féminine, et particulièrement recherché par les femmes enceintes, le Maad est bien plus qu’une simple friandise. Selon les spécialistes, ce fruit est une réserve naturelle de nutriments et d’énergie, consommé aussi bien frais qu’infusé ou transformé en jus rafraîchissant.

​« Le Maad est très riche en vitamine C. Sa pulpe soutient le système immunitaire et aide à lutter contre la fatigue. De plus, grâce à sa teneur en fibres et en acides organiques, il stimule l’appétit tout en facilitant le transit intestinal », explique le Dr Lamine Kallo, médecin-nutritionniste.

Feuilles et écorce : les secrets de la pharmacopée traditionnelle

​Mais les vertus de la plante ne s’arrêtent pas qu’au fruit. Ses feuilles, son écorce et sa coque possèdent de véritables propriétés antiseptiques, respiratoires et apaisantes. Adama Kanté, tradipraticien en Haute-Guinée, témoigne : « Dans la pharmacopée traditionnelle, les feuilles de la liane sauvage sont récoltées pour préparer des décoctions et des cataplasmes ciblés, afin de soulager plusieurs maux.»

​De l’écorce aux feuilles, la plante offre un éventail complet de remèdes :

  • Soins cutanés et cicatrisation : Froissées ou pilées sur les plaies, les feuilles agissent comme un antiseptique naturel et accélèrent la cicatrisation.
  • Affections respiratoires et maux de tête : En inhalation de vapeur ou en tisane, elles soulagent la toux, le rhume et les migraines.
  • Troubles digestifs et régulation de la tension : En macération aqueuse, les feuilles calment les coliques, les maux de ventre chroniques et participent à la régulation de la tension artérielle.

​L’écorce de Saba senegalensis renferme quant à elle des principes actifs aux vertus astringentes, anti-inflammatoires et antimicrobiennes :

  • Traitement des diarrhées et dysenteries : En boisson (souvent macérée dans de la bouillie ou du lait), l’écorce est le remède traditionnel de référence contre les intoxications alimentaires, la dysenterie amibienne et les diarrhées.
  • Fièvres et paludisme : Utilisée en bain corporel ou en infusion, elle contribue à faire tomber les fièvres tenaces et à apaiser les courbatures liées au paludisme.
  • Douleurs musculaires et articulaires : Appliquées en frictions, les décoctions d’écorce soulagent les rhumatismes et les douleurs thoraciques.

​Les analyses pharmacologiques récentes viennent corroborer ces usages ancestraux. Les extraits de feuilles et d’écorces de Maad sont particulièrement riches en flavonoïdes, tanins et alcaloïdes. Ces composés leur confèrent de puissantes activités antioxydantes, anti-inflammatoires, antidiabétiques et antibactériennes, faisant de Saba senegalensis, une plante prioritaire pour la valorisation de la phytothérapie ouest-africaine.

vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...