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BCRG Vs Syndicat : les trois prévenus nient les faits, la comparution du Gouverneur rejetée

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Le procès des trois membres de la délégation syndicale de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) s’est ouvert ce lundi 24 août 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. Poursuivis par le ministère public, représenté par le procureur Issouf Fofana, ils sont accusés d’« outrage à agent, violences et voies de fait ».

L’audience, ouverte à 11h43, s’est tenue en présence des trois prévenus, qui comparaissent libres. Il s’agit d’Aboubacar Yansané, chargé de la santé et de la sécurité au travail, Aboubacar Sidiki Camara, secrétaire général adjoint, et Momo Camara, chargé des affaires sociales de la délégation syndicale.

Premier à comparaître, Momo Camara, chauffeur de profession et syndicaliste, a nié les faits qui lui sont reprochés, à la question de la juge Fanta Alama Camara.

« Non, je ne reconnais pas les faits. Ce qui s’est passé entre moi et le plaignant, Madame la juge, le 6 août, on était au nombre de 12 personnes, vêtues en rouge. On était en rouge, parce qu’on voulait exprimer au Gouverneur notre mécontentement. On etait venu voir notre chef, le Gouverneur Karamo Kaba. J’étais dirigeais le groupe, j’étais devant. Une fois arrivée, son garde corps, l’adjudant-chef Daouda Sankhon, a bloqué la porte avec son pied. Il avait l’habitude d’agir ainsi en blague avec moi. Mais ce jour, il ne blaguait pas, il a bloqué la porte. Il m’a dit : Momo tu ne passeras pas. Donc, on n’a pas pu rencontrer le gouverneur. Quand le gouverneur a entendu les bruits, il est sorti et nous a dit qu’il reçoit un ministre. Donc de reporter la rencontre. Donc, on a quitté », a-t-il narré.

Revenant sur l’origine de leur démarche, il a expliqué : « On était mécontents, parce qu’on a fait une plateforme revendicative au nom de l’ensemble des travailleurs de la BCRG pour une meilleure condition de vie et de travail. Après l’échec des négociations avec le deuxième vice-gouverneur, c’était au patron lui-même, Karamo Kaba de signer ce mémorandum revendicatif. Après 3 semaines de tentatives de le rencontrer sans réussite, on a décidé de se mettre en rouge pour aller rencontrer le Gouverneur. C’est ce jour que son garde corps nous a bloqué la porte », a-t-il expliqué.

À son tour, Aboubacar Sidiki Camara a également rejeté les accusations. « Non. Je ne reconnais pas les faits ».

Aboubacar Yansané a, lui aussi, déclaré ne pas reconnaître les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué la démarche syndicale et les circonstances de leur tentative de rencontre avec le Gouverneur.

« Je ne reconnais pas les faits. D’office, s’il y a des préoccupations du personnel, c’est au bureau syndical de porter la voix du personnel au niveau du Gouverneur. La revendication concerne la signature du protocole d’accord 2026 concernant notre la prise en charge des paiements scolaires. Quand est allé le voir et que son garde-corps nous a bloqué l’accès à son bureau, le Gouverneur lui-même est sorti et nous a parlé. Il nous a dit : “c’est indigne ce que vous avez fait”. Je lui ai dit Monsieur accepter de discuter avec au moins 2 d’entre nous. Mais il a dit qu’il nous recevoir un autre jour. Donc a quitté sanq faire de bruit », s’est-il défendu.

Appelé à la barre, Daouda Sankhon, aide de camp du gouverneur de la BCRG et partie civile, a relaté les circonstances de l’incident.

« C’était le jeudi vers 14h, j’étais assis à la porte, après Momo est venu en disant je veux voir le Gouverneur. Un instant après j’ai vu les autres arrivés tous habillés en rouge. Momo a dit qu’on veut voir le Gouverneur en criant : “on veut voir le gouverneur”. Et moi j’ai répondu que je n’avais pas reçu l’ordre de vous laisser passer. J’ai refusé de leur laisser accès. Momo a poussé la porte avec force. Ils ne m’ont pas insulté. Momo ne m’a pas touché, mais il a poussé la porte deux fois. Il y a eu des cris. Le gouverneur est sorti et a demandé qu’est-ce qui se passe ? Je lui ai expliqué la situation. Puisque j’avais une arme, je ne voulais pas en faire usage, c’est pourquoi j’ai préféré déposer plainte à la justice. Mon rôle est de sauvegarder le gouverneur. Si quelque chose lui arrivait cr jour, je pouvais être licencié », a-t-il déclaré.

La comparution du gouverneur sollicitée

À l’issue des interrogatoires, la défense a demandé au tribunal d’ordonner la comparution du Gouverneur Karamo Kaba ainsi que d’autres cadres de la BCRG, afin qu’ils livrent leur version des faits.

La défense a estimé cette demande nécessaire, notamment après les déclarations du plaignant. « Cette demande intervient en corrélation avec les faits. Puisque le plaignant, Daouda Sankhon a déclaré que les syndicalistes étaient venus pour porter atteinte à l’intégrité physique du Gouverneur, il serait mieux que le Gouvernement puisse comparaître pour nous éclairer les faits dans cette affaire »,  a-t-elle sollicité.

Le procureur Issouf Fofana s’est, pour sa part, opposé à cette demande, qu’il juge sans intérêt pour la manifestation de la vérité. « Monsieur le Gouverneur va apporter quoi de substantiel à la manifestation de la vérité ? Nous pensons que cette demande est dilatoire. Nous requérons le rejet de cette demande. Je demande qu’on ordonne la clôture des débats et passer aux plaidoiries et réquisitions », a-t-il sollicité.

Après les observations des différentes parties, le tribunal a rejeté la demande de comparution du Gouverneur, Karamo Kaba et ordonné l’ouverture de la phase des plaidoiries et réquisitions.

L’affaire a finalement été renvoyée au 27 août 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense.

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