
Le Secrétariat général du Gouvernement a présenté, ce 19 août 2026, à Conakry, les diligences juridiques relatives à la première vague du programme Simandou 2040. L’objectif de cette démarche est de lancer le chantier de sécurisation juridique de ce mégaprojet.
À l’ouverture des travaux, la Secrétaire adjointe du Gouvernement, Sirégbè Kéita, a rappelé la « vision ambitieuse de transformation de la Guinée » portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, et son « engagement constant en faveur de la refondation de l’État ».
Poursuivant son allocution, elle a souligné que « le programme Simandou 2040 constitue aujourd’hui le principal instrument de concrétisation de cette vision à travers un portefeuille de 122 mégaprojets et de réformes destiné à impulser une croissance durable, inclusive et souveraine ».
Revenant sur l’objectif de la rencontre, elle a indiqué qu’elle vise à « partager une compréhension commune des enjeux de sécurisation juridique des projets, à identifier les diligences nécessaires et à renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans leur mise en œuvre ». Elle a ajouté : « Comme le rappelle notre démarche de programmation budgétaire, celle-ci constitue une étape essentielle, mais elle doit impérativement être accompagnée d’une sécurisation juridique efficace afin de permettre le lancement, les contractualisations et l’exécution des projets dans les délais prévus. »
Selon elle, « les analyses réalisées dans le cadre de la première vague du projet Simandou 2040 révèlent l’ampleur du défi qui nous attend ». Le portefeuille examiné comprend 331 projets recensés dans cette première vague, répartis sur les sites miniers stratégiques.
Toutefois, les travaux préparatoires démontrent que la réussite de ces initiatives ne dépend pas seulement de leur financement ou de leur maturité technique : elle exige aussi un environnement juridique adéquat, capable de sécuriser les procédures, d’encadrer les interventions des parties prenantes et de garantir l’efficacité des investissements publics.
Elle a précisé que sur « un portefeuille analysé de 248 projets inscrits à la loi de finances initiale 2026, 179 nécessitent encore une sécurisation juridique de la documentation et des actes requis pour leur exécution ». La priorité est d’autant plus forte que 163 d’entre eux requièrent un cadre juridique opérationnel dès cette année.
Face à ces défis, la Secrétariat générale adjointe du Gouvernement insiste sur la nécessité de conjuguer célérité, rigueur et coordination interministérielle. « Les secteurs des infrastructures, des transports et des technologies, qui représentent à eux seuls près de 59 % du portefeuille de la première vague, appellent une attention accrue, sans pour autant négliger les autres secteurs de transformation de notre pays », a-t-elle relevé.
« Nos échanges devront permettre de partager un diagnostic commun, d’identifier les tâches nécessaires à chaque projet, de clarifier les responsabilités institutionnelles et de convenir d’une méthodologie de suivi garantissant une plus grande célérité dans la production et l’adoption des actes juridiques », a-t-elle martelé. Et de conclure : « Notre ambition commune doit être claire : faire en sorte qu’aucun projet prioritaire du programme Simandou 2040 ne soit retardé pour des raisons de préparation juridique ou réglementaire. À travers une collaboration étroite entre le Secrétariat général du Gouvernement, les ministères sectoriels, les budgets spéciaux d’investissement (BSI) et la structure de Simandou, nous devons bâtir un dispositif de suivi performant fondé sur l’anticipation, la responsabilité et les résultats. »
Pour sa part, le Délégué général de la Delivery Unit, Mamadou Angelo Diallo, a rappelé que la Guinée s’est engagée « dans un voyage irréversible. Un voyage qui a pour mission de faire de notre pays une nation émergente à l’horizon 2026. (…) Mais ce qui est encore plus important, ce sont les actions pour mettre en œuvre toutes ces politiques sectorielles, tout le contenu des discours politiques. »
Diallo est conscient que « les conditions de mise en vigueur ont été pendant très longtemps un goulet d’étranglement. Aujourd’hui, nous devons faire en sorte que l’administration publique et nos propres procédures ne deviennent pas des freins à l’exécution de nos programmes de développement. C’est pourquoi nous devons travailler ensemble dans une intelligence collective et mettre en avant notre capacité -au-delà des prérogatives et des missions- à nous retrouver et à collaborer pour un seul objectif : réaliser ce programme qui consiste à donner corps et âme à la vision que le Président de la République a eue pour son pays. »
Au nom du ministre du Plan et de la Coopération internationale, Kabélé Soumah a indiqué que « l’enjeu est clair : passer d’une gestion des textes dans l’urgence à une gouvernance juridique anticipée, planifiée et maîtrisée. Les diligences nécessaires doivent être identifiées pour chaque projet et programme, selon des échéances réalistes, suivies de manière continue et traitées avec célérité. »
Il a ajouté : « La sécurisation juridique ne constitue pas une formalité administrative isolée. Elle est une condition de crédibilité de notre action publique, de confiance pour les investisseurs et les partenaires techniques et financiers, de mobilisation des ressources et, surtout, d’exécution effective des projets structurants du programme Simandou 2040. »
Enfin, le ministre Secrétaire général du Gouvernement a appuyé les arguments de ses prédécesseurs concernant la sécurisation des fondements juridiques, dont les réformes concourent toutes vers les priorités du président Mamadi Doumbouya. Selon lui, l’objectif est de conférer à l’action publique une solidité juridique incontestable afin que les transformations reposent sur un socle normatif rigoureux. « Nous devons passer d’une gestion d’urgence à une démarche planifiée. Nous ne concurrençons pas les ministères, nous les appuyons », a-t-il conclu.

