
La question de la transparence dans la gestion des contrats publics s’est invitée au cœur des échanges entre les porte-paroles de la Présidence et du Gouvernement et les médias nationaux et internationaux. Interrogé sur la demande récemment formulée par le Premier ministre, chef du gouvernement, concernant la transmission des contrats signés par les différents départements ministériels depuis septembre 2021, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat et deuxième porte-parole du gouvernement, Moussa Moïse Sylla, a apporté des précisions.
Selon lui, cette démarche s’inscrit pleinement dans la dynamique de transparence administrative défendue par les porte-paroles de la Présidence et du gouvernement lors de cette rencontre avec la presse.
« C’est vrai que cette demande a été formulée par le Premier ministre, chef du gouvernement, le 17 août », a confirmé Moussa Moïse Sylla. Il précise que le chef du gouvernement a demandé à l’ensemble des ministres de lui transmettre, « sur différents supports », les copies de tous les contrats signés depuis septembre 2021, dans un délai de 48 heures.
Une opération de centralisation et de documentation
Pour le deuxième porte-parole du gouvernement, cette instruction ne constitue pas une démarche isolée. Elle participe plutôt à une volonté plus large de renforcer la transparence et la traçabilité dans le fonctionnement de l’administration publique.
Moussa Moïse Sylla établit notamment un lien entre cette initiative et les réformes engagées dans la digitalisation des procédures administratives. Le passage progressif du papier au numérique doit, selon lui, contribuer à réduire les délais de traitement des dossiers, mais également à assurer une meilleure traçabilité des opérations administratives.
« Le Premier ministre emboîte dans le même sens », a-t-il expliqué, estimant que la collecte des contrats doit permettre de disposer d’une vision centralisée des engagements contractuels pris par l’État depuis septembre 2021.
Cette centralisation revêt une importance particulière, selon le ministre, dans la mesure où plusieurs responsables ont pu se succéder à la tête d’un même département ministériel au cours de la période concernée. Les contrats signés par différents ministres se retrouvent ainsi regroupés au niveau de la Primature.
Aucun ministre « ciblé », assure Moussa Moïse Sylla
Face aux éventuelles interprétations selon lesquelles la demande pourrait viser certains responsables en particulier, le deuxième porte-parole du gouvernement se veut catégorique.
« Il n’y a pas de ciblage dans ce qu’il a demandé », a-t-il affirmé, rejetant l’idée d’une démarche destinée à atteindre un ministre ou une personnalité déterminée.
Pour lui, il s’agit avant tout d’une « procédure administrative normale », destinée à permettre au gouvernement d’avoir une meilleure visibilité sur les actes posés au cours des dernières années.
La compilation des contrats doit notamment permettre au Premier ministre de disposer d’éléments d’appréciation sur les engagements financiers pris par l’État. Il pourra ainsi mieux documenter les différents contrats et apprécier les montants engagés au titre des dépenses publiques, avant, le cas échéant, de soumettre ces éléments au Président de la République.
Tous les ministres ont transmis les documents demandés
Moussa Moïse Sylla a enfin assuré que l’instruction du Premier ministre a été respectée par les membres du gouvernement.
« Tous les ministres ont pu déposer dans le délai imparti les contrats qui ont été demandés », a-t-il indiqué.
Aux dires du conférencier, cette opération de collecte et de centralisation intervient donc dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de renforcer les mécanismes de transparence, de traçabilité et de modernisation de l’administration publique.
Pour le gouvernement, elle doit contribuer à disposer d’une documentation plus complète sur les engagements contractuels pris par l’État depuis septembre 2021 et à améliorer le suivi de la dépense publique.

