
La suspension du magistrat Algassimou Diallo continue de susciter des interrogations au sein de l’opinion publique. Interpellé sur cette décision administrative ce mercredi, le ministre Secrétaire général à la Présidence de la République et porte-parole de la Présidence, le Général Amara Camara, a défendu le principe de la sanction dans l’administration, tout en invitant les journalistes à s’intéresser aux faits ayant motivé cette mesure.
Pour le porte-parole de la Présidence, la sanction constitue une pratique normale dans le fonctionnement de l’administration et ne devrait pas, à elle seule, être considérée comme un événement exceptionnel.
« Algassimou a été sanctionné. Algassimou, c’est un magistrat. Moi, je suis militaire. Dans mon métier, tous les jours, on sanctionne », a-t-il déclaré, estimant que « la sanction fait partie de l’administration ».
Selon le Général Amara Camara, la décision prise à l’encontre du magistrat repose sur des faits suffisamment établis pour justifier la mesure. Il estime ainsi que le débat doit davantage porter sur les circonstances et les motifs ayant conduit à la sanction.
« Il a été sanctionné parce qu’il y a suffisamment de faits qui justifient le fait que son ministre l’a sanctionné », a-t-il soutenu.
Le ministre Secrétaire général à la Présidence a également insisté sur le principe de l’autorité de l’État et de l’égalité des citoyens devant la loi. « Qui est au-dessus de la loi en République de Guinée ? », s’est-il interrogé, avant de défendre la nécessité d’un État suffisamment fort pour garantir aux citoyens « le minimum pour vivre en paix et en sérénité ».
À ses yeux, le fait qu’un ministre sanctionne un cadre de l’administration ne constitue pas, en soi, une anomalie. « Un ministre a sanctionné un cadre. Où est le problème ? Où est le souci ? Une sanction est administrative », a-t-il martelé.
Le Général Amara Camara considère toutefois que la question essentielle ne devrait pas être uniquement celle de l’existence de la sanction, mais plutôt celle des faits qui l’ont motivée. Il invite ainsi les professionnels des médias à mener leurs propres investigations afin de déterminer les raisons précises à l’origine de la décision.
« Pourquoi a-t-il été sanctionné ? C’est ça, peut-être, la question que vous auriez dû poser. (…) Allez chercher les faits ! Vous êtes journalistes, c’est ça votre travail », a-t-il lancé.
En conclusion, le ministre Secrétaire général à la Présidence a réaffirmé que toute personne relevant de l’administration et ayant commis des faits justifiant une sanction doit en répondre.
« Quiconque mérite une sanction sera sanctionné. C’est aussi clair que ça », a-t-il conclu.
Cette sortie intervient alors que la suspension du magistrat Algassimou Diallo alimente le débat sur la discipline administrative, l’autorité hiérarchique et la responsabilité des agents publics en République de Guinée.

