
Perché sur les hauteurs du Fouta Djallon au quartier Djinkan dans la préfecture de Lélouma, les échelles de Djinkan et de Singandé, des passages au quotidien, deviennent de plus en plus une véritable attraction pour les jeunes.
Construites avant tout pour faciliter les déplacements quotidiens dans un relief difficile, elles sont aujourd’hui devenues des points d’attraction pour les visiteurs en quête de paysages et d’expériences hors du commun
Ces lieux ne désemplissent plus de curieux, de visiteurs et des amoureux de la nature. Ils arrivent de partout : Lélouma, Labé parfois de Conakry et même ailleurs.
Conçues d’abord avec des bambous et des lianes, ces installations ont été progressivement améliorées et remplacées par des marches en fer. Au fil du temps, elles sont devenues une curiosité touristique. Entre défi physique, ingéniosité locale et découverte d’un paysage spectaculaire, ces deux ouvrages offrent aujourd’hui une expérience singulière aux visiteurs .
Les échelles de Djinkan
Petit rappel : comme nous vous l’annoncions sur les colonnes de Guinéenews il y a quelques années, les échelles de Djinkan, c’est une œuvre humaine qui daterait d’un peu plus de trois siècles. Pour désenclaver ces localités, afin d’ éviter les longs détours, un habitant a eu l’idée géniale de créer ces échelles.
«Les échelles datent d’environs 350 ans. Les habitants de la localité d’alors, pour éviter les longs détours, pour rallier le bas-fond, zone propice à l’élevage et à l’agriculture, ont trouvé ce raccourci, d’où la construction de ces échelles. Un animal aurait été égorgé, en guise de sacrifice », s’est rappellé un doyen de Sanama.

Les échelles de Singandé
Elles se situent aussi sur le même col de montagnes mais à environ une quinzaine de kilomètres des premières.Là aussi, les accros à l’adrénaline auront leur dose. Plus longues, plus effrayantes et plus exposantes encore que celles de Djinkan, ces échelles aussi sont l’œuvre du génie créateur d’un natif du village de Djinkan. Toujours, pour éviter les longs contours et accéder à cette localité, ce citoyen lança la construction de ces échelles de plusieurs dizaines de mettre de hauteur et composées de trois pièces verticalement posées sur les roches. Sans mesure de sécurité aucune, la moindre erreur, le moindre faux pas ou glissade est fatal. Mais là aussi, les anciennes ont cédé la place à des marches en fer.
« Je ne me rappelle pas exactement de quand datent ces échelles. Tout que je sais est qu’elles sont très anciennes. Nous prenons soin de cet héritage. Ces échelles comptent beaucoup pour nous, car c’est le seul raccourci qu’on a pour rallier le centre urbain de Lélouma » disait Abdoulaye Keita.
Du passage quotidien à l’attraction touristique
Ce qui était perçu comme juste un passage, avec le temps, est devenu une source de curiosité. Ces ouvrages ont commencé à attirer l’attention des visiteurs.
Pour ceux qui découvrent le site, monter ou descendre ces échelles représente une expérience particulière.
Il faut gravir les marches, affronter la hauteur et parfois reprendre son souffle avant de poursuivre.
Mais l’effort est accompagné par un spectacle naturel exceptionnel : la montagne, les vallées et le paysage qui se dévoilent progressivement au fur et à mesure de l’ascension.

La montée devient alors une partie intégrante de la visite
» Ce qui m’a impressionné, ce n’est pas seulement la montagne ou les échelles. C’est de voir comment les populations ont réussi à aménager ce passage » s’exclame Amadou Lama Diallo un journaliste, en séjour dans la zone.

Dans la même logique, Alpha Mamadou Bhoye Diallo un jeune, expressément venu de Labé a confié quant à lui que » c’est à travers les réseaux sociaux que j’ai vu ces échelles et avec des amis nous avons décidé de venir les voir aujourd’hui. (…). C’est un endroit vraiment magnifique qu’il faut venir visiter. Je trouve que c’est vraiment très beau », se réjouit le jeune homme.
» C’est vraiment fou, tout ça. La hauteur des échelles, les falaises aux alentours, la vue magnifique sur les villages d’en bas, c’est exceptionnel.(…). C’est seulement l’accessibilité qui fait défaut là » confesse un jeune venu à un rancard.
Malgré ces expériences et cette beauté naturelle, se cache un véritable calvaire lié à l’enclavement de ces deux sites. A celà s’ajoute le manque d’aménagement et d’organisation qui pourraient contribuer à apporter des recettes sur le plan local.

