
Les échanges entre les acteurs présents ont permis de décrypter l’Accord, d’analyser ses répercussions tant positives que négatives pour le continent et de porter la voix de la communauté des pêcheurs africains. Cette rencontre s’est déroulée sous la houlette de M. Gaoussou Gueye, Président de la CAOPA (Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale), et a vu une forte mobilisation des parties prenantes.
Ce webinaire a également été l’occasion de présenter les résultats d’une grande étude d’impact, en présence de représentants de plus de 30 organisations issues de 25 pays. Cette plénière avait pour objectif principal de discuter, de valider et d’enrichir les recommandations régionales face aux dispositions de cet Accord international.
C’est le Dr Hamady Diop (cabinet DnS Consulting) qui a présenté les résultats de l’enquête et modéré les échanges, favorisant ainsi une compréhension approfondie des avantages et des limites de l’Accord de l’OMC, en vue d’harmoniser les positions des États et des organisations africaines de pêche.
Les discussions ont mis en évidence des préoccupations contrastées selon les régions. Entre le manque d’infrastructures, les difficultés d’accès à l’électricité et la question cruciale des subventions, les défis à relever sur le terrain demeurent immenses. Face à cette hétérogénéité, le Dr Diop a insisté sur la nécessité d’un travail collectif pour parvenir à une position commune et forte des États africains.
Par ailleurs, plusieurs participants ont vivement déploré la marginalisation des organisations de la société civile et de la presse indépendante lors des grandes assises de l’OMC. Un constat regrettable, dans la mesure où ces acteurs de terrain jouent un rôle d’éveil des consciences indispensable pour sensibiliser les décideurs et garantir une meilleure prise en compte des réalités locales.
À ce jour, près de la moitié des États africains ont ratifié ou signé cet accord. Toutefois, plusieurs participants ont exprimé de vives inquiétudes quant à l’habilitation institutionnelle : à savoir quel département ministériel, entre la Pêche et le Commerce, doit porter la signature de cet Accord. De l’avis général, les acteurs plaident pour que la démarche soit pilotée ou cosignée en priorité par les ministères en charge de la Pêche. Ces derniers sont en effet les plus à même de mesurer l’impact réel des textes sur le terrain, car ils maîtrisent les aspirations et les préoccupations quotidiennes des communautés de pêcheurs artisanaux.

