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PROJET PORTUAIRE DE SIMANDOU (GUINÉE) : RECUEIL DE REPORTAGES ET RAPPORTS D’ACTIVITÉS DE CHANTIER

2AGBA

Dossier de presse & Récits du terrain — China Harbour Engineering Company (CHEC)

ARTICLE 5 : « Partir de zéro jusqu’à l’autonomie sur le chantier »

Correspondant : Yan Yutong  |  Simandou, Guinée

Oumar Kaba, technicien d’essais local, utilise la presse hydraulique avec une totale maîtrise : vérification de l’aspect de l’éprouvette, prise des dimensions, positionnement sur le plateau, montée en pression jusqu’à la rupture du béton.

« Éprouvette N° 300, charge de rupture 675 kN, résistance 28,6 MPa, conforme », énonce-t-il clairement en consignant les résultats sur son registre.

Un an plus tôt, Oumar Kaba débutait comme aide-laborantin sur le projet de traitement des fondations du port de Simandou mené par CHEC. Il ne possédait alors aucune connaissance des normes techniques de laboratoire.

« Au début, j’observais le travail des techniciens chinois », raconte Oumar. Son mentor, Liu Zhaoyu, directeur adjoint du laboratoire, ne parlait pas français et Oumar ne maîtrisait pas le chinois. C’est par les gestes, les schémas et la démonstration pratique que l’apprentissage s’est effectué.

« Je me souviens de l’apprentissage de l’essai de consistance normalisée du ciment », explique Oumar. « L’aiguille de Vicat devait s’enfoncer exactement à 6 mm du fond. J’ai dû répéter l’opération plus de dix fois avant d’obtenir le geste exact, sous le regard patient de M. Liu. »

Le recrutement privilégie la volonté d’apprendre. Oumar arrivait chaque jour trente minutes en avance pour préparer le matériel et nettoyer les équipements, puis prolongeait sa journée pour assimiler le vocabulaire technique.

En trois mois, Oumar réalisait de manière autonome les essais de compression du béton. En six mois, il maîtrisait l’essai de compactage Proctor, puis le contrôle de la densité du coulis pour les pieux de malaxage.

« Sa progression fait la fierté de l’équipe », souligne Chen Zhongquan, assistant du directeur en charge de la gestion du personnel local. Le projet a formé plus de 200 employés guinéens par le biais de cours théoriques, de compagnonnage et de sessions de sécurité.

« La plupart des employés n’avaient jamais travaillé sur un chantier industriel », explique Chen Zhongquan. « Notre responsabilité est de leur transmettre les règles et le savoir-faire indispensables. »

Mamadou Diallo, embauché initialement pour le manutention des matériaux, a été orienté vers la formation en soudure après avoir fait preuve de rigueur. Aujourd’hui chef d’équipe adjoint à l’atelier de soudure, il encadre une dizaine d’ouvriers et a vu son salaire tripler.

« Sur d’autres chantiers, personne ne prenait le temps de nous former », confie Mamadou. « Ici, nous bénéficions d’un encadrement, d’un suivi et d’une reconnaissance du travail accompli. »

Dans l’après-midi, Oumar prépare ses prélèvements de carottage sur le terrain. Après avoir effectué son prélèvement avec précision, il étiquette minutieusement le sac plastique en indiquant la date et le numéro du pieu.

De retour au laboratoire, Liu Zhaoyu s’enquiert de la conformité du carottage : « La longueur de la carotte est-elle suffisante ? » — « Oui, 1,2 mètre, intacte et sans rupture », répond Oumar avec assurance.

Chen Zhongquan observe la scène : « Ce travail lui permet aujourd’hui d’assurer l’avenir de sa famille et d’assumer notamment les frais de scolarité de son jeune frère. »

À l’heure du repas, Oumar partage un moment convivial avec ses collègues. « Lorsque le port sera achevé l’année prochaine », dit-il avec le sourire, « j’aimerais continuer ici ou sur un autre projet. J’ai désormais un métier en main. »

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