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A Freetown, Mamadi Doumbouya tranche : « Les sanctions [de la Cedeao] ne sont pas la solution»

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Pour sa première participation à une conférence des chefs d’État de la CEDEAO depuis son élection à la présidence de la République, Mamadi Doumbouya a livré un discours sans détour à l’ouverture de la 69e session ordinaire de l’organisation, ce dimanche à Lungi, près de Freetown. Devant ses homologues ouest-africains, le chef de l’État guinéen a vivement critiqué la politique des sanctions de la CEDEAO, estimant qu’elle pénalise davantage les populations que les dirigeants.
Sans citer un pays en particulier, Mamadi Doumbouya a plaidé pour une profonde réorientation de l’action de l’organisation sous-régionale. Selon lui, la CEDEAO doit faire du développement économique, de l’investissement et de la prospérité des peuples sa priorité, plutôt que de privilégier les mesures coercitives.
« Les sanctions ne sont pas la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours », tranche le président guinéen.
Avant de dénoncer les conséquences sociales des sanctions économiques, qu’il juge contre-productives.
« La sanction frappe d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elle prive les hôpitaux des médicaments de première nécessité », fustige Mamadi Doumbouya.
Dans un passage particulièrement appuyé, il a estimé qu’une communauté régionale ne devait jamais appauvrir ses propres populations:
« Une communauté qui, pour corriger un État, appauvrit un peuple, s’éloigne de l’esprit même qui a présidé à sa création. »
Le Président Mamadi Doumbouya a rappelé que la CEDEAO avait été créée en 1975 avant tout pour favoriser l’intégration économique et commerciale entre les États de l’Afrique de l’Ouest.
Selon lui, cet objectif fondateur doit redevenir la priorité de l’organisation.
« Recentrons-nous sur l’essentiel. Faisons de l’économie, de l’investissement productif et du bien-être de nos populations le cœur battant de notre action commune », martèle-t-il.
Poursuivant, il ajoute que : « Une communauté forte n’est pas celle qui sait le mieux sanctionner ses membres. C’est celle qui sait le mieux les faire prospérer ensemble. »
Au-delà des sanctions, le président guinéen a plaidé pour une réforme des institutions de la CEDEAO afin qu’elles tiennent davantage compte des réalités propres à chaque État.
« On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque mal appelle son traitement. Chaque situation appelle sa réponse »,indique-t-il.
Autre aspect du discours : la place des militaires dans la gouvernance régionale
Mamadi Doumbouya a rappelé que parmi les quinze chefs d’État ayant fondé la CEDEAO en 1975, dix étaient issus de l’armée.
« Leur uniforme ne saurait constituer leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté. Ils ne sont ni plus ni moins que les enfants du peuple », rappelle le président guinéen.
En fin, le président DOUMBOUYA a exhorté les dirigeants ouest-africains à concentrer leurs efforts sur les préoccupations quotidiennes des populations.
« Nos peuples n’attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse.», conclut-il.
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