
Aussitôt ouverts à la circulation et au moment où les usagers s’en réjouissent, satisfaits qu’ils sont, de constater l’accroissement notable des moyens de communication dans la capitale, voilà que des vandales choisissent le même moment pour commettre des forfaitures. Ils dépouillent systématiquement les ouvrages réalisés, en arrachant des éléments divers dont ceux de sécurité, qui y sont installés. Et notez bien que le phénomène n’est pas nouveau !


Devant de pareils actes, on est littéralement sans voix. Cependant, il nous faut nuancer, un tant soit peu. Rouvrons plutôt le passé, pour mieux comprendre le phénomène. On en arrive même à considérer cette pratique, comme un fait habituel chez nous, tellement on le voit se répéter, ici et là. On se souvient d’un acte similaire commis sur le pont Fatala, à l’orée de la ville de Boffa. C’était en 2004. La RTG s’en était largement fait l’écho, à l’époque. Hélas, le phénomène ne s’est pas arrêté pour autant. Il a même continué de se produire. C’est ainsi que peu après, des vandales s’en sont pris à des pylônes électriques de haute tension, situés en pleine brousse, sur la RN1, avant de jeter, tout dernièrement, leur dévolu sur la capitale.
A ce niveau, ce sont les poteaux d’éclairage publics et les panneaux de signalisation routière implantés le long des rues, qui sont les cibles. On dépouille les premiers du système électrique incorporé dans le poteau et on décoiffe les seconds en démontant le panneau fixé sur le support. Voilà que peu après, on se rend compte qu’il n’y a plus de lumière électrique, le long des rues et plus de signalisation routière pour réguler la circulation !
Tout cela, montre que le mal est bien là, depuis longtemps déjà, pour ne pas dire, depuis toujours. D’où la nécessité d’inviter chacun et tous à rester vigilants, pour assurer la protection des infrastructures routières, qui sont des biens publics de grande utilité, que nous avons en partage.
Mais, revenons plutôt à notre sujet. De tous les ponts agressés par les vandales, celui de Kakimbo a été le plus touché de tous. Dans un premier temps, c’était au début du mois dernier, des individus ont été interpellés sur les lieux par la police, pour des faits de vandalisme. Cela a aussitôt alerté la Direction Générale de l’Agence Nationale de Surveillance des Routes (ANASUR) qui s’est d’abord réjouie de l’acte des services de sécurité, avant d’entreprendre une visite systématique des cinq ouvrages, pour apprécier leur état, en compagnie de la police routière de la zone.
On peut dire que l’initiative a été très utile. Le constat a permis de voir d’importants dégâts commis sur les infrastructures.
Par exemple, sur le pont de Kakimbo qui est un ouvrage mixte, route/piétons, il a été observé des dégâts portant principalement sur les dispositifs de protection contre la foudre ainsi que sur certains équipements essentiels pour la sécurité de l’ouvrage et des usagers. Mais pour faire plus bref et apporter le maximum de précisions, voici quelques extraits du constat fait à cet effet, par l’ANASUR :
« L’enlèvement des câbles du dispositif de mise à la terre assurant la protection contre la foudre du pont de Kakimbo ;
La dégradation des équipements d’éclairage public et des dispositifs techniques de sécurité ;
L’agression volontaire de certains équipements techniques de l’ouvrage ;
Par ailleurs, les informations recueillies sur place indiquent que les quatre (4) autres nouveaux ponts récemment inaugurés auraient subi des actes similaires de vandalisme.


Il a également été constaté, l’agression des portiques de limitation de hauteur fixés à 3,5 mètres au niveau des ponts de Demoudoula et de Kissosso.
Les impacts importants causés sur ces dispositifs sont dus, probablement, à des véhicules hors gabarit qui s’y sont accrochés, pendant le roulage. »
Dans leur constat, les techniciens concluent que les collisions observées seraient dues à « l’insuffisance de signalisation indicative et préventive annonçant la présence des portiques de limitation de hauteur. »


Il y a donc des dispositions internes à prendre pour y remédier. Quant au reste des problèmes qui ont été constatés, certaines questions se posent auxquelles la direction de l’ANASER va certainement apporter la réponse qu’il faut. Nous allons chercher à savoir comment le « surveillant de nos routes » va s’y prendre pour parer aux risques que les vandales ont infligé à ces nouveaux ponts, mais aussi à préserver les autres infrastructures routières de notre pays, de pareille agression.
D’ici-là même, les réalités qui prevalent sur ces ponts sont nettement différentes de ce qu’on a l’habitude de voir. Des jeunes s’y donnent rendez-vous pour des raisons diverses. On y prend des selfies, des photos ou on y fume des stups. Certains se prélassent et s’asseyent dangereusement sur les fers de la structure, au risque de l’abimer ou de glisser et chuter. Ajoutons à cela quelques cas de rixes entre les occupants des lieux ou d’agressions contre des piétons de passage, à des heures tardives.
