
Plusieurs jours après l’installation des nouveaux exécutifs communaux, la tension demeure vive dans la commune rurale de Souguéta, relevant de la préfecture de Kindia. Une partie de la population continue de contester le processus ayant abouti à la désignation du maire, estimant que celui-ci ne reflète pas le choix exprimé par les électeurs lors des élections communales du 31 mai 2026.
Hommes, femmes et sages de la localité affirment que le verdict des urnes n’a pas été respecté. Selon eux, Aboubacar Camara, candidat de l’UDG arrivé en tête du scrutin communal, serait le seul à disposer de la légitimité populaire pour diriger la commune. Ils exigent ainsi son installation à la tête de la mairie.
Pour Abdoulaye Bangoura, citoyen de Souguéta, le déroulement de la session d’installation des conseillers communaux soulève plusieurs interrogations.
« Aucune véritable élection des conseillers n’a été organisée. Nous avons simplement appris que notre candidat, Aboubacar Camara, pourtant arrivé en tête des suffrages, n’était pas éligible. Nous ne comprenons pas cette décision. Sa candidature avait été validée à toutes les étapes du processus, de la sous-préfecture jusqu’à la Cour suprême, avant même l’impression des bulletins de vote. Comment peut-on, après sa victoire, déclarer qu’il ne peut pas devenir maire ? », s’interroge-t-il.
Selon lui, la journée du jeudi 2 juillet 2026, qui devait consacrer l’élection du maire, n’a pas connu le déroulement attendu.
« Nous pensions assister à une élection, mais aucun conseiller n’a voté. Après des concertations, il a simplement été annoncé que le deuxième candidat serait retenu », affirme-t-il.
Le citoyen dénonce également ce qu’il considère comme une remise en cause des règles électorales établies.
« La liste initialement déposée n’a pas été respectée. Les vainqueurs du scrutin devaient être les premiers pris en compte. Pourtant, il nous a été expliqué que le parti au pouvoir devait commencer. Nous ne sommes pas opposés au GMD, mais nous estimons qu’il est temps de tourner la page de la délégation spéciale », ajoute-t-il.
La contestation est aussi portée par les femmes de la commune, qui réclament le respect des résultats issus des urnes.
Yarie Bangoura, l’une des porte-paroles de cette mobilisation, affirme que la population rejette le maire installé et exige l’investiture d’Aboubacar Camara.
« Notre position est claire : nous refusons ce maire parce qu’il n’a pas remporté le scrutin. Femmes et hommes de Souguéta demandent que le choix des électeurs soit respecté. Celui qui a été désigné a déjà dirigé la commune pendant trois ans en tant que président de la délégation spéciale. Nous connaissons son bilan », déclare-t-elle.
Elle appelle les autorités à intervenir pour rétablir, selon elle, les droits des électeurs.
« Nous demandons aux autorités de rétablir nos droits. À défaut, nous poursuivrons notre combat. Nous préférons même rester sans maire plutôt que d’accepter une décision que nous jugeons injuste », poursuit-elle.
Au-delà des protestations populaires, plusieurs notables de la localité soutiennent également cette revendication. Le secrétaire général de l’UDG à Souguéta, Morlaye Camara, estime qu’aucun fondement juridique ne justifie l’écartement de leur candidat après sa victoire au scrutin communal.
Face à cette situation, les contestataires demandent aux autorités compétentes de fournir des explications sur le processus ayant conduit à l’installation du maire et de prendre les mesures nécessaires pour garantir, selon eux, le respect de la volonté exprimée par les électeurs.
