Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens
CIAO
Samsung

Vulgarisation du code de l’enfant et de la justice pour enfants : à Sonfonia, un procès fictif pour former les juristes et professionnels du droit de demain à la défense des droits de l’enfant

2AGBA
Ce samedi 20 juin 2026 l’amphithéâtre Djibril Tamsir Niane de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia a servi de cadre, à l’organisation d’un procès simulé du tribunal pour enfants de Conakry, dans le cadre du projet « LANGNI FAN – La paix est bonne » financé par l’Union européenne. Cette initiative portée conjointement par le tribunal pour enfants de Conakry et l’ONG Terre des Hommes avait permis de former les étudiants les 22 et 23 mai 2026 sur le code de l’enfant et les fondamentaux de la justice pour enfants.
Au cœur de cette ultime activité, l’organisation d’un procès fictif du Tribunal pour enfants de Conakry, destiné à sensibiliser et former les étudiants en droit et les professeurs sur les principes et fondamentaux de la justice juvénile et les métiers du droit.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement de vulgarisation du Code de l’enfant guinéen, considéré comme l’un des plus protecteurs de la sous-région.
Prenant la parole à l’ouverture, le Pr Daniel LAMAH, recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a salué une activité qui rapproche l’université du monde judiciaire. Selon lui, la formation juridique ne peut plus se limiter à la théorie.
Dans la même lancée, le doyen de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, Ansoumane SACKO, a mis en avant l’importance de cette immersion pratique pour les étudiants. Il a rappelé que la faculté a formé plusieurs générations de magistrats, avocats, notaires et cadres de l’administration guinéenne.
« Le procès fictif n’est ni tout à fait un vrai procès, ni tout à fait un faux procès. C’est un outil pédagogique qui permet de mieux comprendre la justice réelle », a-t-il souligné, invitant les praticiens du droit à accompagner davantage la réforme universitaire par des stages et des interventions académiques.
Le Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry Fallou Doumbouya a, pour sa part, insisté sur la portée citoyenne de cette activité. Dans son intervention, il a rappelé que protéger les enfants revient à protéger l’avenir de la Nation.
« L’enfant n’est pas seulement un sujet de droit. Il est la promesse de demain. Chaque enfant protégé aujourd’hui est un facteur de stabilité, de paix sociale et de développement demain », a-t-il déclaré.
Le magistrat a également mis l’accent sur la responsabilité collective dans la protection de l’enfance, impliquant familles, écoles, collectivités locales, services sociaux et institutions judiciaires.
Représentant la Fondation Terre des Hommes, M. Kambiré SANZAN a rappelé que son organisation est active en Guinée depuis 1987 et intervient autour de trois axes majeurs : l’accès à la justice, la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que la migration.
Il a salué la collaboration avec le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, notamment dans l’accompagnement des enfants et des jeunes en conflit avec la loi, des femmes détenus et des personnes vulnérables.
« Ce procès simulé n’est pas un spectacle. C’est un outil concret de vulgarisation du Code de l’enfant et de renforcement des capacités des futurs professionnels du droit », a-t-il expliqué.
Au nom de la délégation de l’Union européenne, Paulo Barroso Simões a rappelé que cette activité s’inscrit dans une ambition plus large de consolidation de la paix et de cohésion sociale après le drame de l’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum en décembre 2023.
Il a salué la forte mobilisation des étudiants, qu’il considère comme les futurs acteurs de la justice guinéenne.
« Votre présence ce matin est déjà un signal encourageant pour l’avenir. Cette jeunesse peut faire la différence dans la construction d’une justice plus équitable et plus protectrice », a-t-il lancé.
Présidant la cérémonie, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a qualifié cette activité de “message fort adressé à toute la nation”.
Le ministre a rappelé que la protection de l’enfant demeure une priorité absolue du Gouvernement, sous le leadership du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya.
« Un enfant n’est jamais un adulte en miniature. C’est un être en construction. Lorsqu’un enfant est abandonné, violenté ou privé de ses droits, c’est l’avenir même de la Nation qui est menacé », a-t-il affirmé.
Le Ministre a également insisté sur la nécessité de vulgariser davantage le Code de l’enfant et de renforcer les juridictions spécialisées.
A travers ce procès fictif, les étudiants issus des universités Général Lansana Conté de Sonfonia et Kofi Annan de Guinée ont pu se familiariser avec le fonctionnement concret du Tribunal pour enfants, les procédures spécifiques en matière de justice juvénile et les mécanismes de protection des mineurs.
Cette activité marque aussi la fin du projet LANGNI FAN, lancé le 08 novembre 2024, mais les organisateurs espèrent que la dynamique engagée se poursuivra à travers de nouvelles initiatives en faveur de la paix, de la justice sociale et de la protection des droits des enfants en Guinée.
Au-delà de l’exercice académique, le message est clair : investir dans l’enfance, c’est investir dans l’avenir de la République.
vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...