
Nouveau rebondissement dans le dossier impliquant Damatang Albert Camara, ancien ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. La juridiction chargée de juger l’affaire a décidé, ce mercredi 20 mai, de se retirer du dossier après une contestation formulée par les avocats de la défense.
Les conseils de l’ancien ministre ont remis en cause la composition de la juridiction, estimant que certains de ses membres ne présentaient pas les garanties d’impartialité requises pour connaître l’affaire.
À l’origine de cette contestation, le rôle antérieur joué par le président de la chambre, le juge Alpha Camara. D’après Me Paul Lazard Joachim Gbilimou, celui-ci était déjà intervenu dans le dossier en tant que juge d’instruction avant d’être appelé à siéger comme juge de jugement.
La défense pointe également le cas du premier assesseur, Kanda Doumbouya, qui aurait participé aux investigations en qualité d’Inspecteur général d’État. Il faisait notamment partie de l’équipe ayant produit le rapport à l’origine des poursuites judiciaires engagées contre l’ex-ministre.
Pour les avocats de Damatang Albert Camara, cette double implication est incompatible avec les principes d’un procès équitable. Ils estiment qu’une même personne ne peut intervenir à plusieurs niveaux de la procédure, notamment dans la phase d’enquête puis dans celle du jugement.
Dans cette affaire, l’ancien ministre de l’Enseignement technique sous Alpha Condé Albert Damantang Camara est poursuivi par l’État guinéen pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite dans ses fonctions de ministre.
Les montants mis en cause s’élèvent à plus de 222milliard et plus de 17milliards. Des faits rejetés par le prévenu à la barre.
Avec le retrait de cette chambre, le dossier devra désormais être confié à une nouvelle formation judiciaire chargée de poursuivre la procédure.

