
Le 11 mai reste une date chargée d’émotion pour la culture guinéenne. Vingt-deux ans après sa disparition, Italo Zambo demeure une figure majeure des arts de la scène en Afrique. Chorégraphe de génie, danseur hors pair, comédien talentueux et humoriste à l’esprit décapant, il a consacré sa vie à faire rayonner la culture guinéenne bien au-delà des frontières du continent.
Né le 15 mars 1938 à Dakar, Italo Zambo entre très tôt dans l’univers artistique en intégrant, dès 1948, le Ballet de Demba Kanouté au Sénégal. Mais c’est en 1955 que sa destinée bascule véritablement lorsqu’il rejoint les mythiques Ballets Africains de la République de Guinée fondés par Keita Fodéba. Comédien, acrobate, danseur et interprète complet, il devient rapidement l’un des visages emblématiques de cette troupe qui allait porter haut l’identité culturelle africaine sur les grandes scènes du monde.
Des États-Unis à l’Europe, en passant par le Kenya, l’Allemagne ou encore le Zaïre, Italo Zambo a exporté l’âme de la Guinée à travers ses créations chorégraphiques et son énergie scénique incomparable. En 1958, il participe à la grande tournée américaine des Ballets Africains avant de prendre part au tournage du légendaire film Ben-Hur à Rome. Plus tard, il s’illustrera également dans le film L’Afrique Danse à Munich et co-réalisera Naïtou l’Orpheline avec Syli Cinéma.
Son parcours est jalonné de distinctions prestigieuses. Décoré de la médaille d’honneur du travail, puis de la médaille d’or du meilleur artiste par le président du Zaïre en 1968, il accède progressivement aux plus hautes responsabilités culturelles.
Chorégraphe des Ballets Africains en 1975, puis directeur de la troupe en 1980, il devient à partir de 1987 Directeur Général et Directeur Artistique des Ballets Africains de la République de Guinée, fonction qu’il occupera jusqu’à sa disparition.
Visionnaire et passionné, Italo Zambo a également marqué l’histoire des Percussions de Guinée, dont il fut directeur artistique. Son talent l’amène à participer au Bicentenaire de la Révolution française avec la célèbre Pyramide des Percussions Guinéennes. En 1991, sa stature internationale est consacrée lorsqu’il intègre le Forum mondial des Arts regroupant les plus grandes personnalités culturelles et scientifiques du monde. La même année, la ville de Dallas, aux États-Unis, lui remet symboliquement les clés de la cité et le fait citoyen d’honneur.
Mais au-delà des titres et des décorations, Italo Zambo restera surtout dans les mémoires comme un homme de scène exceptionnel, capable de faire rire, réfléchir et vibrer le public par sa seule présence. Son humour, sa créativité et sa maîtrise des traditions africaines ont inspiré plusieurs générations d’artistes guinéens.
Décédé le 11 mai 2004 à Conakry, au moment où la jeunesse africaine rendait également hommage à Bob Marley, Italo Zambo a laissé derrière lui un héritage immense.
Vingt-deux ans après, son nom continue de résonner comme celui d’un monument de la culture africaine, un artisan infatigable du rayonnement artistique de la Guinée et un gardien passionné des traditions du continent.
