
À l’occasion de la dédicace du livre « Histoire d’une Révolution » de Madifing Diané ce samedi à Kaloum, le Premier ministre Amadou Oury Bah, bien qu’empêché, a tenu à apporter un témoignage historique par téléphone. Un échange de vérités qui lève le voile sur les coulisses de la transition de 2008 et la fin de règne du général Lansana Conté.
C’est une séquence qui restera gravée dans les annales de cette cérémonie de dédicace. Alors que son conseiller Yaya Bah le représentait physiquement, le Premier ministre Amadou Oury Bah a marqué l’assemblée par une intervention téléphonique chargée d’émotion et de solennité.
S’adressant directement à l’auteur, Madifing Diané, le chef du gouvernement est revenu sur leur collaboration au sein du dernier gouvernement du défunt président Lansana Conté.

Des « complices actifs » pour la dignité de l’État
Le Premier ministre a rappelé avec force le lien qui l’unissait à l’ancien ministre de la Sécurité dans une période de turbulence extrême pour la Guinée. « Nous étions des complices actifs pour faire en sorte que le général Lansana Conté puisse partir dans la dignité », a-t-il déclaré, tout en soulignant que cet objectif avait été atteint « grâce à Dieu ».
Bah Oury a également profité de cette tribune pour dénoncer la « diabolisation » dont il a été la cible durant les années qui ont suivi, notamment lors de la présidentielle de 2010.
Répondant à ceux qui l’accusaient d’ethnocentrisme ou de violence, il a rappelé sa véritable vocation : celle d’un homme de rassemblement et d’unité nationale, au-delà des clivages régionaux.
« Avec la publication de votre livre, c’est une petite part de vérité que je voulais partager. Vous êtes dépositaire d’une bonne partie de la mémoire collective », a-t-il lancé à l’auteur, l’encourageant à continuer d’écrire.
Le pacte de fidélité au Palais du Peuple
En réponse, Madifing Diané, visiblement ému par ces mots, a partagé une anecdote méconnue et frappante sur le jour où la Guinée a basculé, après l’annonce du décès du général président Lansana Conté. Alors que l’incertitude régnait et que beaucoup craignaient pour leur sécurité face à l’avènement du CNDD, un duo improbable s’est formé pour honorer la dépouille du chef de l’État.
« Nous avons tous été convoqués au Palais du Peuple… On s’attendait tous à être dans la réplique (sic) », s’est souvenu l’auteur. « Mais c’est vous et moi seulement qui sommes sortis de ce tableau. C’est vous et moi, dans ma voiture, qui avons accepté d’accompagner le corps du Président. Le père du peuple, vous et moi seulement. »
