Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens
CIAO
Sonoco

Simandou 2040 : le PCA de la CTG dévoile les coulisses du “projet du siècle”

2AGBA

Ce jeudi 16 avril 2026, la salle du porte-parolat du gouvernement a servi de cadre à une annonce stratégique d’envergure. Mamadou Nagnalén Barry, président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), y a dressé un état des lieux sans détour du projet Simandou 2040, présenté comme le socle du décollage économique de la Guinée.

Selon lui, il s’agit d’un partenariat inédit entre l’État guinéen et de grands groupes miniers internationaux, structurés autour de deux consortiums : SimFer, réunissant Rio Tinto et Chinalco, et le WCS (Winning Consortium Simandou), porté notamment par Baowu. À cette architecture industrielle s’ajoute la CTG, entité logistique clé chargée de piloter les infrastructures ferroviaires et portuaires.

Au cœur de ce vaste chantier, Mamadou Nagnalén Barry affiche une ambition claire : faire du corridor minier un levier multisectoriel.
« Long de 650 kilomètres, le réseau ferroviaire en construction ne se limitera pas au transport du minerai de fer. Il intégrera également le transport de passagers et de marchandises agricoles, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de désenclavement pour plusieurs régions du pays », a-t-il expliqué.

Poursuivant, il a souligné l’ampleur des investissements engagés : « avec un coût global estimé à 15 milliards de dollars, Simandou pourrait générer jusqu’à 50 % de la croissance du PIB national. Le chantier ferroviaire comprend 206 ponts, dont un ouvrage majeur culminant à 65 mètres de hauteur sur 800 mètres de long, ainsi que cinq tunnels, dont le plus long d’Afrique de l’Ouest, s’étendant sur 11,8 kilomètres. »

Sur le plan opérationnel, l’ancien ministre a évoqué des standards comparables aux plus grandes infrastructures mondiales : « jusqu’à 50 trains par jour dans les deux sens, des convois de plus d’un kilomètre composés de 100 wagons et tractés par deux locomotives, une flotte estimée à 150 locomotives – dont 78 de dernière génération – et plus de 7 000 wagons. »

À Moribaya, le hub portuaire en construction s’impose déjà comme un pilier logistique stratégique, avec une capacité d’exportation estimée à 120 millions de tonnes par an.
« Les installations comprennent notamment sept systèmes de déchargement, autant de chargeurs de navires, ainsi qu’une dizaine d’équipements de stockage et de récupération », a-t-il précisé.

Mais au-delà des performances industrielles, Mamadou Nagnalén Barry insiste sur la dimension inclusive du projet.
« Deux trajets quotidiens seront dédiés au transport de passagers, une première dans l’histoire récente de ce type d’infrastructure en Guinée. Des investissements supplémentaires ont été réalisés pour adapter les tunnels et les équipements aux exigences du transport humain, avec ventilation, éclairage et des normes de sécurité renforcées », a-t-il indiqué.

Évoquant l’état d’avancement, il a fait savoir que plusieurs millions de tonnes de minerai ont déjà été exportées, avec une montée en puissance progressive au rythme de la livraison des équipements.
« À terme, le rythme pourrait atteindre un à deux navires chargés par jour. L’État guinéen, actionnaire à hauteur d’au moins 15 % dans les différentes entités, bénéficiera à la fois de parts directes en minerai et de recettes fiscales substantielles », a-t-il ajouté.

Dans cette dynamique, il a annoncé que les prochains mois seront consacrés à la construction des gares, avec l’objectif d’implanter au moins une infrastructure par préfecture traversée.
« Les premières mises en service pour les passagers sont attendues d’ici deux ans, en coordination avec plusieurs départements ministériels », a-t-il conclu.

vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...