
Un violent incendie a entièrement détruit l’exploitation agricole d’Aboubacar Camara, dans le district de Koliagbé, relevant de la sous-préfecture de Friguiagbé, à Kindia. L’origine du sinistre reste, pour l’heure, inconnue.
Agriculteur depuis 2011, ce père de sept enfants s’était reconverti dans la terre après des difficultés d’insertion professionnelle, malgré l’obtention d’une licence franco-arabe. Une activité qui lui permettait jusqu’ici de subvenir aux besoins de sa famille.
« Face au manque d’opportunités d’emploi en Guinée, j’ai pris la décision de revenir à la terre. Depuis 2011, je vis de l’agriculture. Dieu merci, cela m’a permis non seulement de subvenir à mes besoins, mais aussi de fonder ma famille et de prendre en charge mes enfants. C’est un travail difficile, mais noble, qui demande beaucoup de sacrifices », explique-t-il.
Sur une superficie de près d’un hectare et demi, il cultivait plusieurs spéculations, notamment du piment, des aubergines, des tomates et des agrumes. En quelques heures seulement, l’ensemble de l’exploitation a été réduit en cendres.
Absent au moment des faits, il dit avoir appris la nouvelle en pleine journée : « le matin, j’étais au champ jusqu’à 9 heures. Ensuite, je me suis rendu en ville pour d’autres occupations. Vers 15 heures, un ami m’a appelé pour m’informer que mon champ était en train de brûler. J’ai aussitôt fait demi-tour, mais à mon arrivée, il ne restait pratiquement plus rien à sauver. Tout était déjà consumé par le feu », raconte-t-il avec amertume.
L’incendie est survenu au pire moment, en pleine période de récolte, notamment pour le piment, principale source de revenus de l’exploitation.
« J’étais en pleine récolte, surtout pour le piment qui occupait une grande partie du champ. Le rendement était très bon cette année et j’avais beaucoup d’espoir pour cette campagne. Malheureusement, tout est parti en fumée. Les pertes sont énormes et il est même difficile d’évaluer le montant exact des investissements engloutis », déplore-t-il.
Au-delà des cultures, le feu a également détruit une grande partie de ses équipements agricoles.
« Je ne parle pas seulement des cultures. J’ai aussi perdu tout mon matériel : brouettes, dabas, casiers, raccords, produits phytosanitaires et même un bidon d’essence. Tout ce que j’avais investi dans ce champ est parti en fumée. Aujourd’hui, je ne sais même pas par où recommencer », confie-t-il.
Déjà victime d’un incendie en 2024, Aboubacar Camara dénonce une situation récurrente dans la zone, particulièrement en saison sèche.
« Ce qui me fatigue le plus, ce sont ces incendies à répétition. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. En 2024 déjà, j’avais subi un sinistre similaire. Chaque année, nous vivons avec cette peur. Et cette fois-ci, le feu est venu d’un endroit totalement inattendu », explique-t-il.
Face à cette situation, il interpelle les autorités locales ainsi que les acteurs du secteur agricole.
« J’en appelle aux autorités, notamment à la Chambre préfectorale de l’agriculture de Kindia. Le problème des incendies devient trop fréquent dans notre localité. Si rien n’est fait pour protéger les exploitations agricoles, cela risque de décourager de nombreux agriculteurs. Nous avons besoin de solutions concrètes et durables pour sécuriser nos champs », plaide-t-il.
Ce nouveau sinistre relance la problématique des feux de brousse et de la protection des exploitations agricoles dans cette zone fortement exposée, où de nombreux agriculteurs restent vulnérables face à ce phénomène récurrent.

