
À l’occasion de la célébration de Pâques ce dimanche 5 avril 2026 à N’Zérékoré, Mgr Raphaël Balla Guilavogui a fait une sollicitation aux hautes autorités du pays.
Profitant de son homélie, l’évêque du diocèse a lancé un appel direct à savoir la révision de la date des élections communales prévues le 24 mai. Le religieux juge cette date incompatible avec une fête majeure du calendrier chrétien.
Au cœur de sa prise de parole, une préoccupation précise : la coïncidence entre le scrutin et la Pentecôte, moment clé pour les fidèles catholiques, marqué notamment par les cérémonies de confirmation. Pour le prélat, maintenir cette date reviendrait à priver une partie des citoyens de leur pleine participation, entre devoir civique et engagement religieux.
« Nous avons adressé une doléance aux autorités pour un léger report », a-t-il insisté, soulignant qu’un simple ajustement permettrait de garantir à la fois le respect des pratiques religieuses et l’inclusivité du processus électoral.
Derrière cette requête, c’est une question plus large d’équité démocratique qui est posée. En filigrane, l’Église interpelle l’État sur la nécessité d’organiser des élections qui tiennent compte des réalités socioculturelles du pays, afin d’éviter toute frustration ou marginalisation.
Si son message s’inscrivait dans l’esprit de Pâques : appel au pardon, à la paix et à la réconciliation, c’est bien sur le terrain citoyen que l’évêque a choisi de frapper fort. Dans un contexte national souvent marqué par des tensions, cette sortie pourrait relancer le débat sur l’organisation consensuelle des échéances électorales en Guinée.
À N’Zérékoré, la voix de l’Église résonne désormais comme un plaidoyer pour un compromis : adapter le calendrier électoral pour ne pas opposer foi et devoir civique.

