
La ville de Kindia a abrité, ce mercredi, la cérémonie de clôture d’une session de formation dédiée aux journalistes, animateurs et techniciens des radios rurales. Axée sur l’engagement communautaire et les techniques de prise de son, cette initiative a réuni une cinquantaine de professionnels venus de plusieurs localités du pays.
Pendant trois jours, les participants ont été outillés sur les bonnes pratiques du journalisme de proximité, avec un accent particulier sur la production de contenus adaptés aux réalités locales ainsi que sur l’implication des communautés dans le traitement de l’information.
Présent à la cérémonie, le préfet de Kindia, le colonel Abdoulrahmane Keïta, a salué la mobilisation des participants avant de rappeler les exigences du métier de journaliste :
« Je tiens d’abord à vous remercier pour votre présence et votre engagement. Venir de loin pour se former démontre votre attachement à ce métier. Mais être journaliste, ce n’est pas seulement porter un micro ou parler à l’antenne. C’est une responsabilité. Vous devez aller chercher l’information à la source, la vérifier, la recouper et la traiter avec rigueur. Un journaliste ne travaille pas sur la base de rumeurs ou de suppositions. Il est sur le terrain, au contact des réalités. C’est ce professionnalisme que nous attendons de vous, surtout dans nos communautés où la radio reste le principal canal d’information », a-t-il rappelé.
De leur côté, les formateurs ont exprimé leur satisfaction quant au déroulement de l’atelier et au niveau des participants. Pour Nourdine Salouka, cette formation a permis de consolider les acquis tout en apportant de nouvelles compétences :
« Nous avons travaillé avec des journalistes qui, pour la plupart, avaient déjà des bases solides. Cela a facilité les échanges et permis d’aller plus loin dans les apprentissages. Nous avons insisté sur la construction du magazine radio, sur l’importance du son, des ambiances, ainsi que sur la conduite d’interviews bien menées et structurées. Ce qui nous a marqués, c’est la motivation des participants. Ils ont été assidus, curieux et très impliqués. À l’issue de cette formation, nous sommes convaincus qu’ils sont désormais capables de produire des contenus plus professionnels, plus vivants et surtout plus proches des préoccupations de leurs auditeurs », a-t-il expliqué.
Prenant la parole, le directeur général des radios rurales de Guinée, Ibrahima Sory Cissé, a mis en avant le rôle stratégique des radios de proximité dans le développement local, tout en insistant sur les fondamentaux du métier :
« Aujourd’hui, la Guinée compte environ 40 radios rurales opérationnelles. Ce sont des outils puissants au service des communautés. Elles contribuent à l’éducation, à la sensibilisation et à la cohésion sociale. Mais pour que ces radios jouent pleinement leur rôle, il faut des professionnels bien formés. C’est pourquoi nous insistons sur deux éléments essentiels : l’écriture sonore et la grammaire journalistique. Un bon journaliste doit savoir choisir le bon genre — reportage, magazine, interview — en fonction du message à transmettre. Il doit aussi savoir utiliser les sons pour raconter une histoire, capter l’attention et rendre l’information accessible à tous. Cette formation ne doit pas rester théorique. Dès votre retour dans vos radios respectives, vous devez appliquer ce que vous avez appris, partager vos connaissances avec vos collègues et contribuer à améliorer la qualité des programmes. C’est ainsi que nous pourrons, ensemble, renforcer l’impact des radios rurales dans le développement de notre pays », a-t-il précisé.
Il convient de rappeler que cette session de formation s’inscrit dans une dynamique globale de professionnalisation des médias ruraux en Guinée. Elle vise à faire des radios de proximité de véritables leviers de développement, capables d’accompagner les communautés face aux défis liés à l’information, à la citoyenneté et à la cohésion sociale.

