
L’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a récemment tiré la sonnette d’alarme face à la prolifération des « Wi-Fi zone » illégales à travers le pays. Elle rappelle que toute installation et revente de services internet sans autorisation préalable est strictement interdite. (Image d’illustration)
Pour mieux cerner les perceptions autour de cette mesure, nous sommes allés à la rencontre de plusieurs citoyens. Entre impératifs économiques, besoin d’accès à internet et respect de la réglementation, les avis restent partagés.
Dans les rues de Conakry, nombreux sont ceux qui reconnaissent l’utilité de ces points de connexion informels. Pour Mamadou, étudiant à Sonfonia, ces services sont devenus quasi indispensables : « franchement, sans les Wi-Fi zone, nous, les étudiants, on souffre. Les forfaits internet sont chers. Avec 1 000 ou 2 000 francs, on peut travailler quelques heures. Si on enlève ça, ça va compliquer nos études. »
Même son de cloche chez Aïssatou, vendeuse dans un marché de la capitale : « moi, je travaille avec WhatsApp. Les clients m’écrivent et j’envoie les photos. Le Wi-Fi du quartier m’aide beaucoup. Je comprends qu’il faut des règles, mais il ne faut pas supprimer ça sans proposer une alternative. »
À l’inverse, certains citoyens soutiennent la position des autorités, notamment pour des raisons de sécurité. Ibrahima, agent dans une entreprise privée, se montre plus prudent : « on ne sait pas qui installe ces réseaux. Nos données peuvent être compromises. Moi, je préfère utiliser les réseaux officiels. L’État a raison de vouloir encadrer cela. »
D’autres évoquent également des problèmes liés à la qualité du réseau. Fatou, commerçante, témoigne : « parfois, ça perturbe même le réseau classique. Tu appelles, ça coupe. Si c’est à cause de ces installations, il faut que ce soit mieux organisé. »
Au-delà de la question de la légalité, plusieurs intervenants pointent un problème de fond : le coût élevé de l’internet en Guinée. Pour Ousmane, jeune entrepreneur : « le vrai problème, ce ne sont pas seulement les Wi-Fi zone. C’est surtout que l’internet est trop cher pour la majorité. Tant que cela ne change pas, les gens continueront à chercher des alternatives, même illégales. »
Ce micro-trottoir met ainsi en lumière un véritable dilemme : d’un côté, la nécessité pour l’État de réguler le secteur afin de protéger les consommateurs et garantir la qualité des services ; de l’autre, une réalité sociale marquée par un besoin croissant d’accès à internet à moindre coût.
Alors que l’ARPT annonce des sanctions contre les installations illégales, de nombreux citoyens espèrent que ces mesures s’accompagneront de solutions concrètes pour rendre l’internet plus accessible à tous.

