
Le secteur avicole guinéen franchit une étape charnière. Ce jeudi, les locaux d’un complexe hôtelier ont servi de cadre à la sixième session du Comité de Pilotage (COPIL) du Projet d’Appui à la Filière Avicole en Guinée (PEFFAG). Entre bilans techniques et perspectives budgétaires pour 2026, cette rencontre a scellé le renouveau d’un projet désormais orienté vers des résultats concrets et durables.
Un projet en « vitesse de croisière »
Le Dr Fodé Sory Keita, Coordinateur du PEFFAG, a ouvert le bal des discours sur une note de satisfaction marquée par la rigueur. Après avoir traversé des phases de structuration parfois complexes, le projet a, selon ses mots, atteint sa « vitesse de croisière ». Ce basculement vers la maturité opérationnelle n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une restructuration profonde opérée en synergie avec le département de tutelle.
Le Coordinateur a détaillé les quatre piliers de ce renouveau à savoir : une refonte du cadre logique respectant les objectifs initiaux, un recentrage sur des activités à haute valeur ajoutée, une extension du calendrier jusqu’en 2027 et, surtout, une réallocation budgétaire stratégique. Cette dernière vise un double objectif : favoriser les investissements à fort impact sur le terrain et accélérer le rythme de décaissement des fonds alloués par les bailleurs.

La confiance restaurée des partenaires internationaux
Le soutien de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France reste le socle de cette initiative. Prenant la parole, M. Antonin Cœur-Bizot a salué un changement de paradigme notable.
« Nous abordons aujourd’hui ce comité dans un état d’esprit sensiblement différent des précédents », s’est-il réjoui. Pour le partenaire technique, l’année 2025 a été celle de la preuve par l’action, avec la réussite des activités prioritaires identifiées lors des derniers arbitrages.
L’équipe de coordination s’est d’ailleurs renforcée avec l’arrivée de nouveaux experts, dont Mme Liliane Bini, nouvelle Cheffe de projet de l’assistance technique. Cette dernière a insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance accrue pour transformer les ajustements stratégiques en résultats mesurables pour les aviculteurs guinéens. L’enjeu est de taille : contribuer directement à la souveraineté alimentaire nationale par l’augmentation de la production de viande et d’œufs.
Cap sur 2026 : Infrastructures et services de proximité
Représentant le Ministre de l’Élevage, Monsieur Félix Lama, la Secrétaire générale Mme Halimatou Sirandou Diallo a officiellement lancé la session. Elle a rappelé que le PEFFAG est un « projet phare » pour le gouvernement, car il s’attaque aux préalables structurels de la base.
La grande nouveauté de cette programmation 2026 réside dans l’introduction d’une composante dédiée au renforcement des infrastructures d’élevage et à la montée en compétences des services déconcentrés (Directions régionales et préfectorales).
« Ce choix stratégique permettra d’améliorer l’accompagnement des acteurs sur le terrain et dans tout le pays », a précisé la Secrétaire générale.

Une responsabilité pour l’après-projet
Alors que les marchés prévus au plan de passation sont en phase finale d’exécution, l’heure est à la consolidation. Les participants ont été invités à se projeter dès maintenant dans l’« après-projet » pour s’assurer que les politiques publiques intègrent durablement les acquis du PEFFAG.
En validant le Plan de Travail Budgétisé Annuel (PTBA) 2026, les membres du COPIL ont tracé une feuille de route claire. L’objectif est désormais de transformer ces orientations institutionnelles en une réalité tangible pour les consommateurs guinéens, faisant de l’aviculture un véritable moteur de croissance économique.

