
Au Palais du Peuple de Conakry, ce mercredi 25 mars 2026, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a répondu aux préoccupations des conseillers nationaux de la transition, dans le cadre de la présentation de la politique générale du gouvernement. Un exercice marqué par la franchise, mais aussi par un appel méthodique à privilégier les contributions écrites pour des réponses plus exhaustives.
Face à la multiplicité des interrogations, le chef du gouvernement a reconnu les limites d’un traitement oral immédiat : « Comme chaque être humain est limité par définition, je ne peux pas prétendre répondre avec précision à cette multitude de questions », a-t-il déclaré, invitant les conseillers à formaliser leurs préoccupations par écrit. Une démarche qu’il juge indispensable pour mobiliser l’expertise des ministres sectoriels et fournir des réponses approfondies et structurées dans un délai d’une semaine.
Parmi les sujets abordés, la question de l’assainissement a retenu une attention particulière. Qualifiant la situation d’« inacceptable », Amadou Oury Bah a annoncé des avancées significatives dans le processus de fermeture de la décharge de la Minière. Un projet longtemps évoqué et désormais en phase d’opérationnalisation.
Le Premier ministre a souligné que des discussions sont en cours, notamment sur les financements, avec l’ambition de transformer ce site à l’image de la réhabilitation réussie de la décharge d’Akouédo en Abidjan. Une vision ambitieuse qui, selon lui, pourrait redonner un nouvel avenir à cette zone stratégique de la capitale.
Autre dossier sensible : celui de l’énergie, en particulier le développement du solaire. Le chef du gouvernement n’a pas caché son insatisfaction face aux retards accusés dans la mise en œuvre des projets.
Malgré l’urgence liée à la dépendance aux énergies fossiles et aux crises récurrentes d’électricité, aucun parc solaire n’a encore vu le jour après plusieurs années d’annonces. Amadou Oury Bah appelle ainsi à une réforme des procédures, plaidant pour un traitement accéléré (« fast-track ») des projets d’intérêt national vital, en collaboration avec le Conseil national de la transition.
Sur le plan sanitaire, le Premier ministre a mis en avant des progrès notables enregistrés en peu de temps : amélioration du taux de vaccination, réduction de la mortalité et déploiement d’équipements médicaux, notamment en oxygène.
Il a également insisté sur la construction de centres de santé améliorés le long des corridors routiers, destinés à pallier le manque d’hôpitaux dans certaines zones et à répondre efficacement aux urgences, notamment en cas d’accidents graves.
Évoquant la situation dans certaines localités comme Beaufort, le chef du gouvernement a illustré la montée des attentes citoyennes. La rénovation des infrastructures administratives y a ravivé les exigences, notamment en matière d’électricité.
Une dynamique qu’il juge positive : « Plus on règle des problèmes, plus on nous en demandera, et c’est bien », avant d’appeler à maintenir l’élan des réformes.
Enfin, Amadou Oury Bah a annoncé l’arrivée imminente à Conakry d’une mission de haut niveau de la Société financière internationale, branche du groupe Banque mondiale. Cette visite vise à renforcer l’accompagnement de la Guinée sur des projets structurants, notamment dans le secteur agricole.
En conclusion, le Premier ministre a réaffirmé sa volonté de répondre avec rigueur et méthode aux préoccupations des conseillers, tout en sollicitant leur collaboration active à travers des contributions écrites. Une approche qui, selon lui, permettra d’affiner les politiques publiques et d’accélérer les réformes nécessaires pour sortir durablement la Guinée de ses défis structurels.

