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Kindia : L’exploitation artisanale du diamant, l’ultime recours d’une jeunesse en détresse

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À Boko et Komoya, l’absence de perspectives économiques pousse des dizaines de jeunes vers l’extraction artisanale de diamant. Entre risques d’éboulements, précarité extrême et dégradation environnementale, les autorités préfectorales tirent la sonnette d’alarme sur une activité qui échappe à tout contrôle.

Dans la préfecture de Kindia, le diamant n’est plus un luxe, c’est une question de survie. À Boko comme à Komoya, des jeunes de 20 à 30 ans retournent la terre à mains nues ou avec des outils rudimentaires. Pour la plupart, il s’agit d’une alternative forcée au chômage.

« C’est dangereux, mais nous n’avons pas le choix. J’ai quitté l’école faute de moyens », confie Mamadou Berete, 24 ans.

Comme lui, Ibrahima Camara (27 ans) et Moussa Sylla (22 ans) passent leurs journées dans des trous béants, souvent pieds nus et sans protection, pour un gain incertain qui couvre à peine les besoins alimentaires journaliers.

Un cadre légal et sécuritaire inexistant

Face à cette ruée vers l’espoir, les autorités locales de Kindia oscillent entre compréhension et fermeté. Pour Alseny Soumah, responsable du district de Komoya, la priorité est l’organisation : « Nous essayons de sensibiliser pour que l’exploitation se fasse dans un cadre organisé ».

Cependant, le Directeur préfectoral des Mines, Soriba Kouyaté, rappelle les risques techniques : « L’exploitation incontrôlée crée des risques d’éboulements pour les populations et rend la gestion des ressources minières impossible ».

 Sur le terrain, l’absence de respect des normes de sécurité minière transforme chaque puits en un danger potentiel de mort.

Alerte sur le désastre environnemental

Au-delà du drame humain, c’est le sol de Kindia qui agonise. Fara Kamano, Directeur préfectoral de l’Environnement, est formel :

 -Dégradation des sols : L’exploitation à ciel ouvert détruit la couche arable.

 -Insalubrité et danger : Les trous abandonnés ne sont jamais remblayés, devenant des pièges pour les habitants et le bétail.

 – Déforestation : La végétation locale est progressivement sacrifiée pour libérer des périmètres de fouille.

Sans une politique de réinsertion économique ou un encadrement strict de l’artisanat minier, Boko et Komoya risquent de devenir le symbole d’un gâchis humain et écologique. Le diamant, censé enrichir la région, y creuse pour l’instant le fossé de la pauvreté.

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