
Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, a apporté des précisions sur la décision de remise en liberté de l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana. Selon lui, il ne s’agit nullement d’un revirement de position, mais d’une démarche motivée par des considérations humanitaires.
D’après le magistrat, l’ancien chef du gouvernement sous la présidence d’Alpha Condé est hospitalisé depuis une longue période en raison de problèmes de santé survenus après son incarcération à la Maison centrale de Conakry.
« Ce n’est pas un revirement de situation, c’est dans l’ordre normal des choses. C’est un prévenu qui est hospitalisé depuis son incarcération et qui a développé plusieurs pathologies », a déclaré Aly Touré.
Le procureur spécial précise que la demande de mise en liberté a été introduite par le parquet lui-même, pour des raisons strictement humanitaires.
« Il est resté hospitalisé pendant plusieurs années avec des soins pris en charge par l’État. C’est pourquoi, par humanisme, nous avons demandé à la Cour qu’il soit momentanément libéré afin que la procédure puisse se poursuivre », a-t-il expliqué.
Toutefois, cette remise en liberté marque un tournant dans la prise en charge médicale de l’ancien Premier ministre. Désormais, ses frais de soins ne seront plus supportés par l’État guinéen.
« Depuis tout ce temps, il était à la charge de l’État pour ses soins. Mais à partir d’aujourd’hui, ses frais médicaux relèvent exclusivement de lui. Il devra désormais assurer lui-même ses soins », a insisté le procureur.
Aly Touré a également évoqué le coût des soins médicaux engagés par l’État depuis l’hospitalisation de Dr Kassory. Selon lui, ces dépenses s’élèveraient à plusieurs milliards de francs guinéens.
« On peut estimer ces dépenses à plus de 15 milliards de francs guinéens, notamment en raison des sommes importantes versées à la clinique Pasteur pour ses traitements », a-t-il affirmé.
Le parquet avait souhaité que la remise en liberté soit assortie de certaines mesures de sûreté. Toutefois, le juge n’a pas retenu ces conditions dans sa décision, une situation qui, selon Aly Touré, ne constitue pas une source d’inquiétude immédiate.
« Ces mesures visaient simplement à garantir la sérénité de la procédure. Si nous constatons qu’elles sont transgressées, nous estimerons que sa liberté ne sera plus nécessaire et il faudra le reprendre », a-t-il averti.
Concernant une éventuelle autorisation de sortie du territoire pour des soins à l’étranger, régulièrement demandée par les avocats de l’ancien Premier ministre, le procureur spécial a précisé que cette décision ne relevait pas de ses compétences.
« Je suis un poursuivant. Je suis concentré sur la procédure. La question d’un départ à l’étranger pour des soins ne relève pas de moi », a-t-il déclaré.
Enfin, Aly Touré a assuré que la procédure judiciaire suivrait son cours normal. Si Dr Kassory ne se présente pas aux prochaines audiences, le parquet pourrait demander à la Cour de poursuivre le procès conformément aux dispositions en vigueur.
« Je demanderai à la Cour de poursuivre la procédure et d’en tirer les conséquences nécessaires. Il est libre de se présenter comme il est libre de ne pas se présenter », a-t-il conclu.

