
La création du franc guinéen avait marqué une rupture historique, permettant à la Guinée de piloter sa propre politique monétaire. Aujourd’hui, cependant, de nombreux citoyens se plaignent de difficultés à retirer de l’argent dans certaines banques ou à accéder à des montants suffisants en espèces.
Pour Mamadou Sylla économiste « la liquidité est le sang du système économique. Quand elle se raréfie, c’est toute l’activité qui ralentit. Cette situation interroge sur la gestion monétaire et la circulation du cash dans le pays »,a-t-il analysé.
Dans les marchés de Conakry, la tension se fait ressentir. Aïssatou Diallo, vendeuse de produits alimentaires , témoigne « Les clients viennent parfois avec des virements ou des promesses de paiement parce qu’ils ne trouvent pas d’argent liquide. Cela complique les échanges ».
Pour beaucoup d’acteurs économiques informels, l’économie reste largement basée sur les transactions en espèces. La pénurie ou la restriction de liquidités ralentit donc directement les activités quotidiennes.
La crise de liquidité pose également la question de la confiance dans le système bancaire. «Lorsqu’il devient difficile d’accéder à son propre argent, cela crée de l’inquiétude », déclare Ibrahima Bah citoyen . Selon lui « Il est essentiel que les autorités monétaires communiquent clairement pour rassurer les citoyens », a-t-il ajouté.
Un anniversaire sous tension
En ce 1er mars, la création de la monnaie guinéenne rappelle l’ambition d’indépendance économique du pays. Mais elle met aussi en lumière les défis actuels : régulation de la masse monétaire, équilibre entre monnaie scripturale et espèces, et stabilité du système financier.
Plus de six décennies après sa naissance, le franc guinéen demeure un symbole fort. Reste à savoir comment il surmontera l’épreuve actuelle de la liquidité et préservera la confiance des citoyens dans les mois à venir.

