
La série d’incendies qui frappe les exploitations agricoles de la préfecture de Kindia continue d’alimenter l’inquiétude.Un autre champ d’ananas a été entièrement ravagé par les flammes à Mègnima, un secteur relevant de la sous-préfecture de Damakania.
Propriétaire du domaine sinistré, Fodé Mohamed Soumah peine à contenir son émotion, en revenant sur les faits qui ont mis en ruine ses efforts de plusieurs années : <<je suis venu ici pour voir mes parents afin d’obtenir un terrain et me lancer sérieusement dans la culture de l’ananas. C’était un projet mûrement réfléchi. J’y ai investi du temps, de l’énergie et beaucoup de moyens. Pour la première fois, j’avais réussi ma récolte, et cela me donnait beaucoup d’espoir. Je préparais déjà l’avenir en enlevant des rejets pour agrandir la plantation et augmenter ma production. Le jeudi, nous avons travaillé jusqu’à midi. Tout se passait normalement. Je suis rentré à la maison sans imaginer une seule seconde que quelques heures plus tard, tout allait disparaître >>, a-t-il expliqué.
Il poursuit, la voix tremblante : <<c’est vers 14 heures que j’ai reçu un appel m’annonçant que mon champ avait pris feu. J’ai immédiatement accouru sur les lieux. À mon arrivée, j’ai trouvé les flammes en train de tout dévorer. Les tas de rejets d’ananas que j’avais soigneusement préparés étaient complètement consumés. Il ne restait que des cendres. Voir le fruit de plusieurs mois de travail partir ainsi en fumée est extrêmement douloureux. Franchement, je pense que c’est un acte volontaire. Ce genre d’incendie ne peut pas être un simple hasard >>, a-t-il ajouté.

Au-delà du choc émotionnel, c’est surtout la situation financière qui l’angoisse : << pour financer cette activité, j’ai contracté un prêt au Crédit rural. Je comptais sur la prochaine récolte pour rembourser progressivement et stabiliser mon activité. Aujourd’hui, tout est compromis. Je me retrouve avec une dette sur les épaules et plus aucun moyen immédiat de produire. C’était mon principal projet, mon espoir d’autonomie financière et de soutien à ma famille. Maintenant, je ne sais vraiment pas comment je vais m’en sortir >>, a-t-il précisé.
L’agriculteur lance un appel poignant aux autorités et aux bonnes volontés: << je demande humblement aux autorités locales, au gouvernement et aux personnes de bonne volonté de me venir en aide. Si rien n’est fait, ce projet va échouer définitivement. Tous mes rejets sont partis en fumée, et sans soutien, je risque de tout perdre. Je ne demande pas la charité, mais un accompagnement, pour me relever et continuer à travailler dignement >>, a-t-il conclu.
Il faut rappeler que cette nouvelle tragédie relance le débat sur la recrudescence des incendies, d’origine criminelle ou encore inconnue, qui frappent les exploitations agricoles de Kindia. Les planteurs appellent à des enquêtes approfondies et à des mesures de protection urgentes, afin de sécuriser leurs champs et préserver un secteur vital pour l’économie locale.

