
Deux jours après le début du Ramadan 2026, la rédaction régionale de Guinéenews, basée à Labé, s’est rendue au marché central pour jauger le panier de la ménagère. Ce vendredi 20 février 2026, si les prix de plusieurs produits de première nécessité semblent stables, des augmentations unilatérales ont toutefois été constatées par endroits, notamment pour le riz et les huiles.
Au secteur Yenguéma, où les plaintes se font de plus en plus nombreuses, Mariama Oury Baldé fait le point. « Le prix de la pomme de terre est en hausse ; le kilogramme se vendait à 12 000 GNF bien avant le Ramadan. Le vrai problème pour les ménages réside dans les condiments. En ce mois saint, chacun veut consommer quotidiennement du taro, du gombo, de l’aubergine ou du soumbara… en un mot, les ingrédients nécessaires au lafidi. La demande est nettement supérieure à l’offre. Les productrices en profitent pour augmenter les tarifs, car c’est leur gagne-pain et elles doivent subvenir aux besoins de leurs familles. Pour le taro, on trouve des tas à 4 000 GNF et 5 000 GNF, et ces prix s’appliquent au reste des condiments », explique cette vendeuse.

À Paraya, Alphadio Barry, boutiquier aux abords du grand marché de Labé, évoque une légère fluctuation : « Le riz importé semble stable, malgré une hausse isolée de 5 000 GNF par endroits. Sinon, le sac de 50 kg se vend généralement à 270 000 GNF. Pour le riz local, cela dépend du vendeur . Les prix varient entre 400 000 et 420 000 GNF. Cela varie selon la qualité et le prix d’achat du commerçant, car ce riz provient de Kankan et souvent de la Guinée Forestière », soutient-il.
Poursuivant, il ajoute : « Actuellement, le prix du bidon de 20 litres d’huile de palme oscille entre 290 000 et 300 000 GNF. L’huile d’arachide se vend également à 300 000 GNF pour la même quantité. Quant à l’huile végétale dite « sans cholestérol », elle s’affiche à 110 000 GNF le bidon de 5 litres. Enfin, le sac de sucre de 50 kg se négocie à 375 000 GNF ici au marché central. »
Selon Mariatou Kanté, le manque de véhicules de transport entre la capitale et l’intérieur du pays est l’un des principaux facteurs de la cherté des produits. Une crise survenue bien avant le Ramadan a fait grimper le sac d’oignons à 300 000 GNF. « Quand la demande excède l’offre, la hausse est automatique, surtout quand le transport fait défaut. C’est ce prix élevé qui reste d’actualité. Par ailleurs, le kilogramme de beurre est vendu à 40 000 GNF depuis deux ans, la mayonnaise à 35 000 GNF et le carton de lait se négocie à 90 000 GNF », rapporte-t-elle.
Pour Fodé Kaba, président de la fédération régionale des boulangers et pâtissiers de Labé, la situation est sous contrôle : « Dieu merci, les prix sont stables en ce mois saint. Le sac de farine de 50 kg est toujours à 365 000 GNF. La miche de pain est vendue à 4 000 GNF au four, contre 4 500 GNF sur le marché. De ce côté, il n’y a pas lieu de se plaindre car les boulangers suivent les consignes et respectent surtout le poids conventionnel .»
Si certains secteurs comme la boulangerie affichent une stabilité rassurante, le marché central de Labé reste marqué par des disparités importantes. Entre les difficultés logistiques liées au transport et la forte demande saisonnière pour les produits frais, le pouvoir d’achat des citoyens est mis à rude épreuve. Les jours à venir diront si cette tendance à la hausse de certains condiments se stabilise ou si d’autres mesures seront nécessaires pour soulager le panier de la ménagère en ce mois de dévotion.

