
L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu ce mercredi 18 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), dans le cadre d’une procédure portant sur des faits présumés de détournement de deniers publics. Le montant en cause est estimé à 20 milliards de francs guinéens, des accusations que le prévenu rejette catégoriquement.
À l’issue de l’audience, Me Pépé Antoine Lamah, avocat de la partie civile, est revenu sur le déroulement des débats. Selon lui, la Cour a d’abord procédé à la notification officielle des charges retenues contre le prévenu avant de lui donner l’occasion de présenter ses moyens de défense. Toutefois, le temps imparti n’a pas permis d’examiner l’ensemble des aspects du dossier.
« La Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 23 février pour la poursuite des débats. Nous serons présents pour défendre les intérêts de l’État. Il est du droit le plus absolu du prévenu de nier les faits. En matière pénale, la défense peut avancer des contre-arguments. Mais le dossier contient des éléments montrant que des montants ont bien transité par les comptes de la Cour constitutionnelle, sans que leur utilisation n’ait été justifiée », a déclaré Me Lamah.
L’avocat de la partie civile a également évoqué l’existence de biens dont l’origine soulèverait des interrogations, évoquant une possible incohérence entre les ressources officiellement déclarées par le prévenu et le patrimoine identifié. Autant de points qui, selon lui, feront l’objet d’un examen approfondi lors de la reprise des audiences.
S’agissant du fait que Mohamed Lamine Bangoura soit le seul inculpé alors que la Cour constitutionnelle fonctionnait de manière collégiale, Me Lamah a indiqué que cette situation découle d’une décision judiciaire qui n’a fait l’objet d’aucune contestation. Il a par ailleurs précisé que deux autres coprévenus seraient actuellement en fuite et que leur situation pénale sera examinée en temps opportun.
La prochaine audience est fixée au 23 février, date à laquelle la CRIEF poursuivra l’examen de ce dossier aux enjeux majeurs pour l’État guinéen.
Il convient de rappeler que le prévenu est incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis le 15 décembre 2022, date de son placement sous mandat de dépôt.

